C’est une mesure à laquelle le gouvernement ne compte pas renoncer. Après l’adoption de justesse, le 16 décembre dernier, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), le gouvernement de Sébastien Lecornu entend bien prendre une mesure importante concernant les allocations familiales, à savoir celle de faire passer l’âge de la majoration de ces allocations de 14 à 18 ans. Une mesure, si elle est prise, qui concernerait les familles dont l’enfant a atteint l’âge de 14 ans à compter de 2026 et non celles qui en bénéficient actuellement, a tenu à préciser le ministère de la Santé et des Familles.

Aujourd’hui, cette majoration des allocations familiales varie en fonction des ressources du foyer et s’applique dès lors que l’enfant a atteint l’âge de 14 ans, seulement pour le second dans une fratrie de deux enfants et dès le premier pour les fratries de trois enfants et plus. Ce montant est alors de 18,88 euros supplémentaires pour des ressources excédant 104 719 euros et jusqu’à 75,53 euros pour les ressources inférieures à 78 565 euros Ainsi, pour les foyers les plus précaires, le décalage de cette majoration aurait un effet significatif et représenterait près de 900 euros d’allocations en moins chaque année, rapporte Les Echos.

Un coup de rabot pour financer le congé de naissance

Pour justifier ce coup de rabot, l’exécutif indique que l’âge de 18 ans, à savoir la majorité de l’enfant, est aujourd’hui plus pertinent étant donné que cette majoration des allocations permet de compenser le surcoût croissant lié à l’âge de celui-ci. Mais ce n’est pas la seule raison. En effet, le gouvernement explique que ce report de 14 à 18 ans de l’âge de majoration des allocations familiales doit permettre de financer «la montée en charge du congé supplémentaire de naissance dans les années à venir», une mesure présente dans le budget 2026 de la Sécurité sociale.

Alors que les économies de cette suppression de la majoration entre 14 et 18 ans doivent permettre de réaliser une économie de 200 millions d’euros par an, celle-ci doit augmenter crescendo à mesure que davantage de générations seront concernées. Ainsi, ces économies devraient atteindre 580 millions d’euros en 2027, 910 millions d’euros en 2028 et jusqu’à 1,28 milliard d’euros chaque année à partir de 2030. Il s’agira alors d’un montant deux fois supérieur au coût du congé de naissance, estimé à 600 millions d’euros d’ici quatre ans après son entrée en vigueur, qui a été décalée au 1er juillet 2026.