«Nous avons décidé, dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie, avec la trentaine de pays qui la composent, de libérer jusqu'à 400 millions de barils, ce qui équivaut à environ 14,5 millions pour les réserves stratégiques françaises.» Face à la presse, Emmanuel Macron a confirmé la mobilisation de millions de barils pour parer le déficit en pétrole créé par la guerre au Moyen-Orient, et plus particulièrement le conflit entourant le détroit d’Ormuz, mercredi 11 mars. L’objectif est clair : «il s'agit de rassurer les marchés sur le fait que, lorsque des routes sont bloquées, nous aurons de quoi approvisionner l'économie en pétrole grâce à la libération de ces stocks stratégiques», analyse Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting, au micro de franceinfo.

Concrètement, ces réserves stratégiques représentent l’équivalent de 90 jours d’importations nettes de pétrole de l’année précédente. Lors de crises, comme celle que nous traversons, elles permettent aux pays qui ne produisent pas de pétrole d’en avoir pour ne pas voir les prix s’envoler sur leur territoire, ou tout simplement de pouvoir en disposer s’il devient impossible d’en importer suffisamment par rapport à la demande.

120 millions de barils en France

Les 32 pays que compte l’Agence internationale de l’énergie, qui a décidé de libérer ces 400 millions de barils, disposent, en tout, de plus d’1,24 milliard de barils publics et 600 millions de barils de stocks industriels, détaille Ouest France. Vous aurez vite fait le compte : les réserves débloquées représentent donc 35% de celles disponibles en tout.

14,5 millions de barils sont débloqués rien qu’en France. Sur le territoire hexagonal, nous en avons 120 millions. Pour les constituer, il est exigé des sociétés distribuant des carburants en France de mettre à disposition l’équivalent de 29,5% du volume des ventes de l’année précédente. D’après les dires du ministre de l’Économie, Roland Lescure, la France dispose de 108 jours de stocks.