Les tensions autour du budget 2026 continuent de s’accentuer à l’Assemblée nationale. Samedi 10 janvier, les députés de la commission des Finances ont rejeté le volet dépenses du projet de budget, après avoir déjà repoussé la veille sa partie recettes. Un double rejet qui fragilise un peu plus le texte gouvernemental et relance l’hypothèse d’un recours au 49.3 pour le faire adopter. Président de la commission des Finances, le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel a dénoncé un budget qu’il juge injuste socialement et économiquement contre-productif.

«Contrairement à la première lecture» où «des amendements avaient été votés pour taxer les plus hauts patrimoines ou les plus grandes entreprises, pour baisser un peu les coupes budgétaires prévues par le gouvernement», cette fois-ci en deuxième lecture du texte, il n'y a eu «quasiment rien de tout ça», a-t-il expliqué dimanche sur Franceinfo. Alors que le ministère de l’Economie et des Finances, le déficit public devrait atteindre 5,4%, voire 5,5% du PIB en 2026, Eric Coquerel estime que la trajectoire choisie par le gouvernement est non seulement inefficace, mais aussi dangereuse pour le pouvoir d’achat.

«Pour payer les cadeaux fiscaux aux plus riches»

«Il est hors de question de baisser le déficit sur le dos des Français pour payer les cadeaux fiscaux aux plus riches», a-t-il martelé. L’élu met en avant le «contre-budget» élaboré par son groupe politique. «On a fait un contre-budget, on est allé chercher 150 milliards d’euros de recettes nouvelles, en plus, uniquement sur les ultra-riches et les très entreprises. Et ça abaissait le déficit en dessous de 5%, donc, nous, on dit qu’on peut le faire», a-t-il poursuivi.

Eric Coquerel a également dénoncé les effets, selon lui, néfastes de la stratégie gouvernementale. «Quand vous faites payer ça aux Français, vous avez un effet récessif sur le pouvoir d’achat», a-t-il souligné. Or, «le pouvoir d’achat, la consommation intérieure, c’est ce qui tient l’économie française», a-t-il rappelé.

«C’est une politique qui est non seulement injuste, inégale, mais d’un point de vue économique, imbécile», a fustigé Eric Coquerel. Alors que le débat budgétaire s’enlise, la question d’un passage en force par l’article 49.3 de la Constitution semble désormais inévitable.