
Le prix de l'essence a franchi lundi 10 mars la barre symbolique des 2 euros le litre en moyenne en France, une première depuis 2022. Cette estimation, basée sur les données d'environ 9 400 stations-service transmises au gouvernement, marque une progression d'environ 16 % par rapport aux tarifs observés avant les premières frappes menées par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran le 28 février. Cette hausse rapide attise les critiques sur le comportement de certains distributeurs, accusés de faire grimper abusivement les prix.
Invité le 11 mars sur RTL, le président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), Michel Picon, a dénoncé une réaction jugée excessive des distributeurs «qui ont immédiatement fait monter les prix des carburants», a-t-il lancé. Le responsable patronal, qui représente principalement des artisans et des petits entrepreneurs, explique avoir interpellé le gouvernement sur ce sujet lors d'un Conseil des entreprises organisé quelques jours auparavant à Bercy avec le ministre de l'Economie. «Nous avons demandé au gouvernement de rappeler à l'ordre – le gouvernement a les moyens de le vérifier – ceux qui prennent les Français pour des dindons, pardon de le dire !», a-t-il souligné.
Le bilan des contrôles de stations-service sera rendu public le 11 mars
Pour Michel Picon, la rapidité de la hausse ne s'explique pas par la situation des stocks. «Parce qu'on ne peut pas nous dire : pas de panique, il y a trois mois de stock, on a des réserves… et en même temps, avoir une réactivité aussi forte. En trois jours la semaine dernière, c'était vraiment impossible. Il n'y a personne qui était contraint d'augmenter», estime-t-il. Il s'est toutefois dit satisfait de la décision des pouvoirs publics de surveiller de près l'évolution des prix. Selon lui, les centaines de contrôles annoncés par Matignon peuvent «peut-être freiner ceux qui avaient l’intention ou qui abusent. Je pense que personne n'a trop envie d'avoir un éclairage dans les médias».
De son côté, le ministre du Commerce Serge Papin a indiqué que 6 % des stations-service contrôlées à ce stade, soit 231 établissements sur les 500 inspections prévues, feront l'objet de sanctions. Ces contrôles sont menés par la DGCCRF afin d'éviter les «hausses abusives des prix à la pompe». Le ministre rappelle toutefois que les stations «ont le droit d’augmenter leurs prix», ceux-ci n'étant pas réglementés : dans ce domaine, «la concurrence» reste selon lui «le juge de paix». Le bilan complet de l'opération doit être rendu public mercredi 11 mars.


















