
La colère gronde sur les routes alors que, depuis quelques jours, dans certaines stations-service, le prix de l’essence ou du gazole dépasse les deux euros. Dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient et un baril de pétrole qui souffle le chaud et le froid, le Premier ministre Sébatien Lecornu a annoncé 500 contrôles dès ce lundi 9 mars pour éviter les abus ou que certaines stations-service ne profitent de la situation. Résultat : sur près de la moitié des contrôles réalisés, 15% ont révélé des problèmes, a indiqué ce mardi la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
Il y a donc des abus, mais faut-il aider les Français, à l’aide d’un chèque, en bloquant les prix ou en fixant la TVA à 5,5% ? La réponse est non, pour le ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat. Interrogé sur TF1 ce matin, Serge Papin a appelé au «discernement économique» en faisant la comparaison avec une course sportive : «Cette crise, on ne sait pas trop si c'est une course de 100 mètres ou si c'est un marathon, donc là on est en gestion de crise au quotidien.»
Le ministre ne veut pas faire payer le contribuable
Surtout, Serge Papin a rappelé que ce genre de mesure est extrêmement coûteux et que ce sont encore «les mêmes qui vont payer». Il a ajouté sur le plateau de TF1 : «Qui va payer ? Parce que si on veut baisser la fiscalité comme le suggèrent certains, si on veut bloquer les prix comme le suggèrent d'autres, on va favoriser le consommateur, mais c'est le contribuable qui va payer derrière.» Le ministre a d’ailleurs chiffré le passage de la TVA à «17 milliards d'euros», quand dans le même temps Maud Bregeon évoquait «20 milliards» sur France 2.
Serge Papin a par ailleurs répondu au PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, pour qui l’Etat est le «grand gagnant» de la hausse du prix de l’essence. «Plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l'Etat», avait-il lancé. «C’est faux, car l’Etat a la TICPE fixe. Ce qui joue c’est la TVA, qui est juste sur l’augmentation (…) et il y a une baisse de volume aujourd’hui, donc pour l’Etat c’est neutre», a-t-il répondu à son ancien collègue.
Serge Papin ne veut pas «se précipiter»
S’il devait y avoir une aide du gouvernement, combien de temps faudra-t-il attendre ? «Le marqueur de cette crise, c'est la volatilité... C'est une volatilité de tous les jours donc il ne faut pas se précipiter», a répondu le ministre du Commerce, citant le sujet du déblocage des stocks stratégiques qui a fait chuter le prix du baril cette nuit. Enfin, sur les stations-service qui ont augmenté leur prix, «elles ont le droit», a reconnu le ministre, «mais il y a une concurrence et c'est le juge de paix la concurrence». Tous les contrôles annoncés doivent être menés d’ici mercredi soir. En cas de récidive, le risque est une amende de 300 000 euros, a rappelé Serge Papin.


















