Les chiffres du chômage au premier trimestre sont tombés. Selon l’Insee, le taux de chômage a très légèrement progressé de 0,1 point pour atteindre 7,4%, mais cela signifie surtout qu’il y a 64 000 Français de plus en recherche d’emploi. A quoi cela est-il dû ? Aux plans de licenciement essentiellement, selon Sophie Binet qui était invitée de la matinale de RMC ce vendredi 16 mai. La secrétaire générale de la CGT dit alerter depuis un an et note «une accélération» de ces plans.

Dénonçant un gouvernement qui est «dans le déni», Sophie Binet a même reproché à Emmanuel Macron lors de son grand oral sur TF1 en début de semaine d’avoir «expliqué que les licenciements étaient un mal nécessaire et qu’il fallait laisser faire les entreprises». Pourtant, selon la secrétaire générale de la CGT, «l’Etat a les moyens d’agir». Comment ? D’abord en «conditionnant les aides publiques».

Sophie Binet demande la nationalisation d’ArcelorMittal

«Aujourd’hui, toutes les entreprises qui licencient ont bénéficié d’aides publiques», estime la leader syndicale, qui a une autre solution. Ciblant les «très grosses entreprises qui font des bénéfices et qui licencient quand même», Sophie Binet veut leur interdire les licenciements. Une proposition de loi en ce sens va d’ailleurs arriver au Sénat, qui doit être soutenue par le gouvernement, réclame-t-elle.

Dans le même temps, la CGT souhaite un moratoire sur les licenciements afin de permettre aux salariés «de construire des projets de reprise avec les pouvoirs publics pour garantir le maintien des capacités productives et de l’outil industriel». Alors qu’Emmanuel Macron a dégainé un plan de sauvetage pour ArcelorMittal, Sophie Binet estime une nouvelle fois que «la meilleure solution est la nationalisation» parce que, selon elle, «Mittal organise son désengagement de France et d’Europe».

Par ailleurs, selon Sophie Binet, «quand on ferme une usine ou un service public, on fait élire l'extrême droite, et c'est ça que fait Emmanuel Macron», assure la secrétaire générale de la CGT qui s’en est également prise à Renault et Stellantis qui réclament un assouplissement des normes européennes du secteur automobile. Une «honte» selon la CGT, alors qu’ils ont «une stratégie de délocalisation depuis très longtemps».