Environ 1 500 pour la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, seulement 900 pour son collègue de l’Europe et des Affaires étrangères. Lundi 9 mars au matin, au sein même du gouvernement, les chiffres variaient quant au nombre de ressortissants français jugés «vulnérables» déjà rapatriés dans le pays. Car si Jean-Noël Barrot a confirmé qu’«autour de 15 000 personnes, dont une grande partie de Français», sont revenues dans le pays, des milliers sont encore bloqués au Moyen-Orient ou en Asie puisque les vols ne peuvent plus emprunter cet espace aérien.

Car si des vols commerciaux existent, comme ceux d’Air France qui ont été déployés, ils sont rares. Et désormais, les prix des billets d’avion explosent, jusqu’à 2 000 ou 3 000 euros pour revenir de Dubaï, par exemple. Impossible pour de nombreuses familles qui doivent en plus se débrouiller seules, à l’image de cette auditrice de RMC qui a potentiellement trouvé un billet pour rentrer en France via l’Allemagne ce mardi 10 mars. Mais elle déplore le silence du ministère des Affaires étrangères : «On a échangé avec certaines personnes, on a rempli des documents où j'expliquais que j'avais deux enfants en bas âge et un traitement pour moi. On n'a pas eu de retour.»

Les ressortissants doivent être «proactifs»

Invitée sur le plateau de RMC, la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Eleonore Caroit, a réfuté ces propos, rappelant qu’un vol était organisé par le ministère depuis Mascate (Oman), même s’il est «compliqué parce qu'il faut passer par un transport terrestre mis en place aussi par le ministère et assez long en bus», a-t-elle reconnu. Toujours en ligne, la Française bloquée lui a répondu : «Le message (proposant le trajet) a été proposé à minuit et on dormait. On avait 30 minutes pour répondre et 4h pour atteindre le lieu de rendez-vous.»

Pas de quoi émouvoir la ministre, visiblement, qui a demandé aux ressortissants d’être «proactifs» et de «chercher les informations». Selon elle, il est également important que ceux qui parviennent à rentrer par leurs propres moyens se signalent auprès du ministère des Affaires étrangères, car «la situation est évolutive». Au total, il y aurait des Français bloqués dans «15 pays», a reconnu la ministre. Dans le même temps, son collègue Jean-Noël Barrot révélait qu’«environ 7 500 demandes d’assistance au rapatriement» avaient été enregistrées.

«Des sièges à prix régulé» mis à disposition par Air France

Pour l’heure, les frappes n’ont pas cessé dans la région du Moyen-Orient et la situation est donc loin de revenir à la normale. Alors qu’Air France avait annoncé la suspension de ses vols de et vers Dubaï et Riyad ainsi que de et vers Tel-Aviv et Beyrouth jusqu’à ce mardi 10 mars, elles ont été prolongées respectivement jusqu’au 12 et 13 mars. Dès ce 11 mars, la compagnie française doit mettre à disposition du ministère des Affaires étrangères «des sièges à prix régulé». Selon Eleonore Caroit, les vols commerciaux «s’accélèrent» avec «des places avec des prix bloqués». Le numéro unique pour contacter les services chargés du rapatriement des Français est le suivant : 01 43 17 51 00.