
Le ton est grave. En réaction aux nouvelles mesures protectionnistes annoncées par Donald Trump, François Bayrou a exprimé, vendredi 4 avril 2025, son inquiétude quant aux conséquences pour la France et l’Union européenne. Lors d’un déplacement à Nanterre, il a qualifié ces droits de douane de «menace immense» pour l’économie hexagonale. Une déclaration rapportée par plusieurs médias, dont franceinfo, qui souligne l’ampleur des dégâts potentiels.
Selon le chef du gouvernement, les produits français les plus exposés sont les exportations agricoles, les vins, les spiritueux et les produits laitiers, notamment ceux à forte valeur ajoutée. «Des dizaines de milliers d’emplois sont en jeu», a-t-il alerté, évoquant le risque d’un effondrement des ventes vers les États-Unis, premier marché extra-européen pour nombre de produits tricolores. À ses yeux, les nouvelles taxes décidées par la Maison Blanche pourraient «porter un coup fatal à des filières entières».
Matignon plaide pour une refonte du modèle économique français
Face à cette escalade commerciale, François Bayrou n’en reste pas à la dénonciation. Il appelle à un changement de cap structurel. «Oui, il faut faire des économies, mais surtout il faut produire plus», a-t-il affirmé, liant directement les discussions budgétaires en cours à la nécessité d’un renforcement industriel du pays. Le Premier ministre voit dans cette crise une opportunité de réindustrialiser la France et de «retrouver une souveraineté économique».
Il a également défendu une « nouvelle organisation du travail et de la production », capable de rendre l’économie française plus résiliente face aux chocs extérieurs. À ses yeux, cela passe par plus d’investissement dans l’industrie, la formation, et la compétitivité des entreprises. L’État, a-t-il ajouté, doit jouer un rôle moteur dans cette transition.
Des effets collatéraux prévisibles pour les États-Unis
Mais François Bayrou ne se contente pas de décrire les impacts en Europe. Il prévient aussi que les États-Unis ne sortiront pas indemnes de cette stratégie : «C’est une catastrophe pour tout le monde, mais pour eux d’abord». Selon lui, ces nouvelles taxes pourraient entraîner «2 à 3 % d’inflation supplémentaire» outre-Atlantique, du fait de la hausse mécanique des prix à l’importation. Une analyse déjà formulée la veille lors de ses échanges avec les partenaires sociaux à Matignon.
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