
Un sujet sensible pour les Français. Alors que les jours fériés s’enchaînent au cœur du mois de mai, le débat sur la suppression de l’un d’eux est relancé. Interrogé sur le sujet, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a assuré que cette mesure n’est pas d’actualité. «Je pense qu'on a vu que les Français sont quand même très attachés à leurs jours fériés. Donc ce sujet, il faut le prendre avec précaution. Et de toute manière, si jamais ce genre d'idée était sur la table, et ce n'est pas le cas, il faudra passer par le dialogue social, par les partenaires sociaux», a déclaré le ministre, au micro de Vincent Parizot sur RTL Soir, vendredi 22 mai 2026.
Toutefois, Jean-Pierre Farandou a estimé que les Français, principalement les jeunes et les seniors, doivent davantage travailler : «Je crois que l'enjeu c'est, peut-être mais pas seulement, de faire travailler plus les Français. Il faut que les jeunes travaillent davantage, il faut que les seniors travaillent davantage. C'est là où on doit porter l'effort. Il faut que les jeunes puissent rentrer plus vite dans le marché du travail. Et puis il faut continuer à travailler sur les seniors», a-t-il expliqué.
Une journée de solidarité supplémentaire ?
En ce sens, la création d’une nouvelle journée de solidarité fait partie des pistes évoquées par le gouvernement. Instaurée il y a plus de vingt ans par une loi et inscrite à l'article L212-16 dans le Code du travail, la première journée de solidarité — ayant lieu le jour de la Pentecôte — finance aujourd’hui la prise en charge des personnes âgées et des personnes handicapées. Selon une estimation de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, elle a rapporté 3,4 milliards d’euros en 2024 : 2,4 milliards d’euros pour la cotisation solidarité autonomie (CSA) et près de 1 milliard d'euros au titre de la contribution additionnelle (Casa).
Le texte indique qu’«elle prend la forme d'une journée supplémentaire de travail non rémunéré pour les salariés». Le gouvernement de François Bayrou, en juillet 2025, voulait aller encore plus loin en supprimant deux jours fériés afin de générer «4,2 milliards d'euros» d'économies, selon Matignon. Concrètement, ces journées aujourd’hui rémunérées mais non travaillées auraient basculé en jours payés et effectivement travaillés, pour l’ensemble des salariés du public comme du privé. Actuellement, la France dispose de 11 jours fériés par an, soit en dessous de la moyenne européenne, estimée à 12,07 jours annuels selon Toute l’Europe.



















