Le regain de tensions au Moyen-Orient continue d’alimenter les inquiétudes sur les marchés mondiaux. Dans la nuit de dimanche 19 avril, un navire du groupe français CMA CGM a été visé par des «tirs de semonce» dans le détroit d’Ormuz, zone stratégique pour le commerce mondial du pétrole. Dans le même temps, les Etats-Unis affirment avoir arraisonné un bateau iranien dans le golfe d’Oman, accentuant encore les tensions entre Washington et Téhéran.

Au cœur des préoccupations : l’impact économique potentiel d’une déstabilisation durable de la région, notamment en cas de perturbation du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial. Invité sur BFMTV ce lundi 20 avril, l’ancien commissaire européen et ex-ministre de l’Economie Thierry Breton a toutefois adopté un ton mesuré et relativement optimiste. Selon lui, le scénario le plus probable reste celui d’une désescalade progressive, «où on se rend compte que c’est compliqué et on va se donner un nouveau délai et donc un nouveau cessez-le-feu», «qui permettrait de gagner du temps et de redonner du temps».

Les marchés financiers «pas affolés»

Sur les conséquences pour l’économie européenne et française, Thierry Breton observe que les marchés financiers ne semblent «pas affolés» et «misent plutôt sur le fait que l’on va trouver un accord. Il souligne également les difficultés économiques croissantes de l’Iran, déjà sous forte pression. Selon lui, le pays subit de plein fouet les effets du blocus américain : une inflation dépassant les 50%, une monnaie dépréciée d’environ 30% et une situation sociale de plus en plus tendue. Autant de facteurs qui pèseraient sur la durée du conflit.

Alors que la flambée des prix du pétrole ravive les inquiétudes sur le pouvoir d’achat en Europe, la question d’une réponse coordonnée refait surface. Mais pour l’ancien ministre, les marges de manœuvre restent limitées au niveau européen. Il rappelle que les questions de fiscalité, de défense ou encore de diplomatie relèvent avant tout des Etats membres. «Qu’il y ait de la coordination, oui, mais on n’en est pas encore là, parce qu’on n’est pas encore dans une crise», a-t-il estimé, tout en soulignant «un impact économique important».

Dans ce contexte, le prix du baril de pétrole, autour de 95 dollars, reste élevé sans franchir encore des seuils jugés critiques. «On n’est pas à 100 dollars», relativise-t-il, tout en reconnaissant que la situation pourrait peser durablement sur l’économie mondiale si les tensions devaient s’installer.