
François Bayrou a choisi l’approche frontale. Lundi 25 août, le Premier ministre a déclaré en conférence de presse qu’il allait engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale sur sa politique générale. Le 8 septembre prochain, il présentera donc une déclaration de politique générale en session extraordinaire, suivie par un vote de confiance des députés. «J’engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale» a-t-il indiqué aux journalistes présents à la conférence. Selon lui, la situation actuelle, nationale et internationale, l’impose. Pendant sa prise de parole, François Bayrou a décrit le moment comme «préoccupant et décisif», ainsi qu'un monde instable, marqué par les attaques de Donald Trump via les hausses de droits de douane, ainsi que par les tensions au Proche-Orient.
«Notre pays est en danger» a-t-il martelé pendant sa conférence, pour insister sur son inquiétude principale, l’endettement du pays. «Depuis vingt ans, chaque heure de chaque jour et de chaque nuit a augmenté la dette de 12 millions d'euros supplémentaires» a-t-il insisté, en rajoutant qu’en 2025, la charge des intérêts de cette dette deviendra «le premier budget de la Nation». Pour le Premier ministre, l’urgence est donc désormais de savoir si le Parlement est prêt à travailler avec lui. Concernant le budget pour 2026, il n’exclut pas d'utiliser le 49.3 mais dit «préférer» un vrai débat.
Une opposition unanime pour dire non
François Bayrou vient d’annoncer la fin de son gouvernement, miné par son immobilisme satisfait.
— Jordan Bardella (@J_Bardella) August 25, 2025
Jamais le RN ne votera la confiance à un gouvernement dont les choix font souffrir le peuple français.
Nos compatriotes attendent une alternance et un retour aux urnes: nous y…
Face à ces annonces du chef du gouvernement, la colère des députés n’a pas tardé à se faire entendre. «Jamais nous ne voterons la confiance» a d’abord déclaré sur X le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Selon lui, ces annonces du Premier ministre démontrent «la fin» d’un gouvernement «miné par son immobilisme satisfait». De son côté, Marine Le Pen a dénoncé elle aussi sur X des mesures «injustes et inefficaces», et exige une dissolution de l’Assemblée nationale.
Une semaine après notre appel à une session extraordinaire, le Premier Ministre annonce un vote de confiance le 8 septembre.
— Manuel Bompard (@mbompard) August 25, 2025
C’est déjà une première victoire de la puissance de la mobilisation qui se prépare pour le 10 septembre. Il faut l’amplifier encore pour tourner…
À gauche aussi, l’opposition est claire. Manuel Bompard (LFI) voit dans ces annonces «une première victoire de la puissance de la mobilisation qui se prépare pour le 10 septembre». Mathilde Panot (LFI), interrogée sur franceinfo, parle d’une auto-censure de François Bayrou par ce vote de confiance, et considère que le Premier ministre a choisi lui-même «sa date de départ». Chez les écologistes, le ton est le même. «Ce vote de confiance (qu’il n’a pas fait en arrivant) est de fait une démission.» déclare Marine Tondelier sur son compte X, en annonçant un rejet collectif. Le message est donc clair pour le gouvernement Bayrou. Le RN, LFI, et les écologistes voteront tous contre, de quoi le faire vaciller.


















