Depuis mars, les employés d’AG2R La Mondiale n’ont pas le cœur à la fête. A l’issue des négociations annuelles obligatoires (NAO) du groupe mutualiste, ils ont en effet appris que seuls les salaires inférieurs à 35.000 euros, soit un tiers des effectifs, bénéficieraient d’une augmentation, et encore, d’à peine 1,2%. « C’est deux fois moins que l’inflation de l’époque, et trois fois moins que celle d’aujourd’hui », tempête Frédéric Labaeye, le délégué syndical CFDT. Certes, la direction, suite à un appel à la grève, a consenti une rallonge de 500 euros sur le plan d’intéressement. « Ça fait du bien au porte-monnaie, mais ce n’est pas une augmentation récurrente », résume le représentant syndical.

Il n’est pas le seul à grincer des dents, car les négociations salariales se révèlent un peu partout décevantes, et sont loin de coller à l’inflation. A en croire une enquête du cabinet Deloitte, menée en février, l’augmentation médiane flirtait avec + 2,5%, quand la valse des étiquettes a atteint + 4,8% en avril, un record depuis le milieu des années 1980. Sans surprise, le sujet s’est invité dans une campagne électorale rythmée par la question du pouvoir d’achat. Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) Philippe Poutou a ainsi ressorti l’idée d’une « échelle mobile » des salaires. « Quand les prix montent, les revenus doivent augmenter en proportion », a indiqué le candidat. Sa camarade de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud n’en disait pas moins. « Il faut que les salaires, les pensions et les allocations augmentent au rythme des hausses que l’on mesure en faisant le plein d'essence et en remplissant son Caddie. »

Comme vous le lirez ici, de tels mécanismes d’indexation existent pour la plupart déjà. Mais ils ont pour défaut d’avoir un train de retard lors des fortes poussées inflationnistes. Et donc de protéger insuffisamment le pouvoir d’achat, notamment des ménages les plus modestes. Revoir ces dispositifs, en les renforçant, ou en les actualisant plus rapidement, peut paraître tentant. Mais quelqu’un devra forcément payer l’addition…

© Source : Insee.

*Quintile : tranche de la population française, équivalente à 20% de celle-ci.

Salaires : gare aux effets pervers d’une indexation sur l’inflation

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