
Le début d’année 2026 sera riche en nouveautés. De nombreux changements d’envergure entreront en vigueur dès le mois de janvier et auront un impact sur le quotidien des Français. Pouvoir d’achat, rémunération, logement, transports, automobile… plusieurs domaines seront touchés par des modifications majeures. Au rayon des bonnes nouvelles, on peut signaler la création d’un nouveau congé de naissance, la revalorisation du Smic, ou encore l’augmentation des pensions de retraite. De quoi fêter pleinement la nouvelle année. A l’inverse, d’autres mesures seront moins bien accueillies, comme la hausse du tarif des titres de transports en Île-de-France, l’augmentation du prix des timbres et des colis, et la suspension du guichet du dispositif MaPrimeRénov'. Capital fait le point sur les changements à venir.
Tout ce qui change à partir du 1er janvier 2026
Un nouveau congé de naissance
Bonne nouvelle pour les parents qui accueilleront prochainement un nouvel enfant. Le budget de la Sécurité sociale, définitivement adopté à l’Assemblée nationale le 16 décembre dernier, prévoit l’instauration d’un nouveau congé de naissance. Toutefois, les parents vont devoir s'armer de patience. Alors que son entrée en vigueur était fixée pour ce mois de janvier par les députés, ce nouveau dispositif a finalement été repoussé au 1er juillet 2026, selon le communiqué du ministère de la Santé publié ce vendredi 26 décembre. Le ministère a affirmé que les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026 pourront quand même se prévaloir de ce nouveau congé. «Les parents d’enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier 2026 et le 31 mai 2026 bénéficieront d’un délai supplémentaire exceptionnel, s’étendant jusqu’à la fin de l’année 2026» pour prendre ce congé, d’après le communiqué.
Chacun des parents pourra profiter de ce dispositif, dont la durée est prévue pour 1 ou 2 mois, selon leur volonté. Lorsque les protagonistes décideront de prendre les deux mois, ils pourront choisir de fractionner ce congé en deux périodes d’un mois. S’agissant du montant de l’indemnisation, celui-ci sera de 70% du salaire net pour le premier mois, et 60% pour le second. Ce nouveau congé s'ajoute aux autres congés déjà existants, à savoir les congés maternité (16 semaines) et paternité (28 jours). Pas de changement, enfin, pour le congé parental.
Modification du calcul du DPE
Un changement qui va ravir de nombreux propriétaires. A partir du 1er janvier 2026, le calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE), permettant d’évaluer la consommation d’énergie d’un logement, évolue. Plus précisément, le coefficient de conversion de l’électricité, intervenant dans le calcul du DPE, est abaissé, passant de 2,3 à 1,9. Cet indicateur permet de convertir l’énergie finale en énergie primaire. Par exemple, l’utilisation d’1 kilowatt-heure (kWh) d’électricité correspondra à 1,9 d’énergie primaire dépensée.
Confirmée par un arrêté paru au Journal officiel du 26 août 2025, cette modification vise à mettre fin à une inégalité de traitement qui désavantage l’électricité par rapport au fioul et au gaz importés, selon le site Service-public. Surtout, elle permet d’améliorer le DPE de certains logements chauffés à l’électricité. Cette révision des modalités de calcul permettra de faire sortir 700 000 habitations du statut des passoires thermiques. Pour rappel, les logements étiquetés G ne peuvent plus être mis en location depuis janvier 2025, et ceux classés F subiront le même sort en janvier 2027.
Le guichet de MaPrimeRénov' suspendu au 1er janvier
Le guichet du dispositif d'aide à la rénovation énergétique MaPrimeRénov' sera suspendu au 1er janvier 2026. Concrètement, les personnes souhaitant bénéficier de cette aide pour rénover leur logement ne pourront pas déposer de dossier. La cause ? L’absence de budget pour l’année 2026. «Je l'avais dit : pas de budget, pas de guichet», a affirmé le ministre du Logement Vincent Jeanbrun sur France 3 ce dimanche 21 décembre. Et l’adoption de la loi spéciale à l’Assemblée nationale n’y fera rien. «On espérait pouvoir redémarrer sur les chapeaux de roues en janvier, en ayant bien dimensionné tout le dispositif, mais effectivement avec une loi spéciale, ça ne sera pas possible, donc on ne pourra pas rouvrir le guichet», a ajouté le ministre, tout en poursuivant : «Sans budget, on ne pourra pas décaisser l'argent».
Prix de l’électricité : fin du dispositif de réglementation tarifaire Arenh
Du nouveau sur l’encadrement du prix de l’électricité. L’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (Arenh), prend fin au 31 décembre. En vigueur depuis 2011, ce dispositif permettait d’encadrer le marché de l’électricité et de protéger les ménages des fluctuations de prix. Toutefois, les consommateurs ne doivent pas s’alarmer concernant leur facture d’électricité, selon les pouvoirs publics. Le ministère de l’Economie estime que «les prix des factures devraient être stables au moins en 2026 et en 2027» pour les consommateurs ayant souscrit au tarif réglementé de vente de l'électricité (tarif Bleu d'EDF) ou à une offre indexée sur ce tarif. Cela représenterait trois quarts des Français. La cause ? L’Arenh doit être remplacé par le versement nucléaire universel (VNU) au 1er janvier 2026. Ce nouveau dispositif vise à protéger les consommateurs d’énergie, particuliers comme professionnels.
Revalorisation du Smic
Pas de coup de pouce du gouvernement, le Smic sera revalorisé automatiquement à hauteur de 1,18% au 1er janvier 2026. Il passera donc à 1 823,03 euros. Cette décision de ne pas donner un coup de pouce ne réjouit pas du tout les syndicats : «Le Premier ministre a décidé ce jour, de ne pas augmenter le Smic, et enlise les travailleurs et travailleuses dans la précarité», a déploré la CGT dans un communiqué publié le 12 décembre dernier. «Nous regrettons qu'il n'y ait toujours pas de coup de pouce depuis de trop nombreuses années alors que le nombre de travailleurs pauvres augmente», a réagi le même jour la CFTC. Pour rappel, le dernier coup de pouce gouvernemental remonte à juillet 2012.
Revalorisation des pensions de retraite
Au 1er janvier 2026, les pensions de retraite du régime général seront revalorisées à hauteur de 0,9%, conformément aux réglementations légales en vigueur. Cette revalorisation a été confirmée par une instruction interministérielle du 15 décembre 2025.
Augmentation du prix des titres de transport, dont les forfaits Navigo
Une nouveauté dont se seraient bien passés l’ensemble des usagers des transports en commun franciliens. A partir du 1er janvier 2026, les titres de transports vont augmenter de 2,3%. Appliquée aux forfaits Navigo, cette mesure se traduira par une augmentation de 2 euros. Dans ce cadre, l’abonnement mensuel du Pass Navigo sera de 90,80 euros, alors qu’il était actuellement fixé à 88,80 euros. Concernant les titres occasionnels, le prix passera de 2,50 euros à 2,55 euros pour le plein tarif, et de 1,30 à 1,35 pour le tarif réduit. La raison ? L’opérateur Îles-de-France Mobilités souhaite compenser les dépenses liées à la modernisation du réseau de transport, ainsi que les sommes engagées pour prolonger certaines lignes de RER, de métros et de tramway.
Augmentation des tarifs pour les courriers et colis
Nouvelle année, nouvelle hausse des prix. Les tarifs des courriers et colis augmenteront de 7,4% en moyenne dès le 1er janvier 2026. La lettre verte, très utilisée pour les envois postaux quotidiens, passera de 1,39 euros à 1,52 euros. Les Colossimo, envoyés par les particuliers en France et à l’international, verront eux aussi leurs tarifs augmenter de 3,4% en moyenne.
Les dons d’argent entre particuliers devront être déclarés en ligne
Les règles changent concernant la déclaration des dons d’argent entre particuliers pour la nouvelle année. Alors qu’il était possible de faire sa déclaration par le biais d’un formulaire papier à transmettre au centre de finances publiques, les dons devront obligatoirement être réalisés en ligne sur le site impots.gouv.fr, à compter du 1er janvier 2026. A noter que c’est toujours celui qui reçoit le don qui doit faire cette formalité. Cette mesure concerne les dons d’argent et d’objets de valeurs comme les bijoux et les objets d’art ou de collection. Attention, les cadeaux ne sont pas considérés comme des dons et n’ont pas vocation à être déclarés. D’après le site Service-public.fr, la déclaration ne concerne que les dons d’un montant inhabituel et les biens de valeurs.
A noter qu’une dizaine de cas ne sont pas concernés par cette nouvelle obligation, comme le don à une personne mineure ou encore celui réalisé à l’égard d’un majeur protégé lorsque le donateur n’est pas le représentant légal.
Hausse de la CSG de 1,4% sur certains placements
Une hausse ciblée de la CSG - Contribution Sociale Généralisée - est prévue au 1er janvier 2026. Elle passera de 17,2% à 18,6%, soit une augmentation de 1,4 point. Voici quelques placements visés ou partiellement visés : le PER (Plan Epargne Retraite), le PEA (Plan d’Epargne en Actions), les dividendes d’actions, les cryptomonnaies, les plus-values sur les ventes d’actions, etc.
Pour certains revenus de placements, l’augmentation de la CSG s’effectuera de manière rétroactive à partir du 1er janvier 2025. Selon Les Echos Investir, les plus-values de cession de valeurs mobilières, les cryptoactifs et les revenus des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) de la location meublée non professionnelle (LMNP) qui seront déclarés en 2026 seront concernés par cette hausse fiscale, même s'ils ont été perçus en 2025.
Contrôle technique renforcé
Changement en vue pour le contrôle technique. Face aux nombreux accidents causés par les airbags Takata, une nouvelle mesure va s’appliquer à partir du 1er janvier 2026. Un décret du 8 décembre dernier prévoit d’instaurer une contre-visite pour défaillance critique. Ce nouveau dispositif doit s’appliquer aux véhicules présentant «un risque grave pour la sécurité routière». Alors que les voitures possédant l’airbag Takata classé «stop drive» ne peuvent plus circuler tant que l’objet dangereux n’a pas été retiré, cette action permettra de repérer les véhicules qui n’ont pas été réparés et qui sont encore en circulation. Pour que le contrôle technique soit validé, les airbags Takata doivent être retirés du véhicule par un garagiste de la marque. Lorsque les réparations auront été réalisées, les voitures concernées pourront à nouveau reprendre la route.
Prolongation par l’Urssaf du critère d’ancienneté du CSE
Par sa décision du 3 avril 2024, la Cour de cassation a estimé qu’un comité social et économique (CSE) ne devait plus conditionner son accès à un critère d’ancienneté. La mise en œuvre nécessitant du temps pour les CSE, l’Urssaf leur avait laissé jusqu’au 31 décembre 2025 pour se mettre en conformité. Un délai que l’Urssaf a décidé de prolonger d’un an, soit jusqu’au 31 décembre 2026. Pour rappel, cette décision de conformité ne vaut que pour l’Urssaf. Si vous êtes un salarié et que l’accès aux activités de votre CSE vous est interdit pour une condition d’ancienneté, vous pouvez vous prévaloir de la décision de la Cour de cassation pour en obtenir l’accès.
Augmentation du plafond annuel de la Sécurité Sociale
Au 1er janvier 2026, le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) augmentera de 2% et s'élèvera donc à 48 060 euros. Pour rappel, le PASS sert de référence pour calculer, par exemple, le montant des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) lorsque vous êtes en arrêt maladie.
Hausse de la gratification minimale d’un stagiaire
Une mesure en faveur du porte-monnaie des stagiaires. Les élèves et étudiants effectuant un stage d’une durée supérieur à 2 mois, dans le cadre de leur parcours scolaire ou universitaire, ont droit à une gratification mensuelle. La nouveauté ? Cette gratification va augmenter à compter du 1er janvier prochain, passant de 4,35 euros à 4,50 euros de l’heure. Cette hausse s’explique par la révision du plafond horaire de la Sécurité sociale, qui a lieu à chaque début d’année. Alors que la gratification minimale accordée aux stagiaires correspond à 15% de ce plafond, celui-ci passera de 29 euros en 2025 à 30 euros en 2026.

















