Selon BFMTV, les industriels européens s’organisent pour faire face à Elon Musk. Les groupes européens Airbus, Thales et Leonardo souhaitent regrouper leurs activités satellites. L’objectif : créer une structure européenne commune, pour rivaliser avec Starlink, la constellation de satellites d’Elon Musk. Pour l’heure, le projet baptisé «Bromo», du nom d’un volcan indonésien, est en pleine avancée, après avoir été freiné par plusieurs obstacles liés à sa gouvernance. Selon Reuters, qui cite des sources proches du dossier, un accord pourrait être signé d’ici fin septembre. Ce groupement serait valorisé autour de 10 milliards d’euros et aurait donc pour objectif principal de créer des satellites compétitifs sur le marché mondial, et notamment des objets spatiaux à orbite basse, plus nombreux et moins coûteux.

Pour le moment, les participations de chaque entreprise dans ce groupement sont encore en discussion. Du côté de Leonardo, aucun commentaire n’a été fait. Airbus s’en est tenu à la déclaration de son directeur général Guillaume Faury, qui a confirmé en début de semaine qu’un accord est proche et que le projet est «en bonne voie». Enfin, Thales, de son côté, se montre nettement plus prudent et affirme que pour le moment «aucun accord n’a été trouvé».

Pression du marché et enjeux politiques

C'est désormais le sujet de la gouvernance qui va être déterminant. En effet, les questions s’y rapportant doivent être abordées par les pays concernés par cet accord. Des détails relatifs à la propriété aussi, avec des entités spécifiques pour protéger les intérêts nationaux sensibles, devront être validés par les États.

Dans le spatial, ce n’est pas la première tentative de rapprochement de ce type. Les précédentes ont échoué au cours de la dernière décennie. La plupart du temps, elles ont été freinées par des rivalités nationales et des inquiétudes autour de la concurrence. Mais cette fois-ci, la situation est différente. En effet, la demande pour les satellites à orbite basse a explosé, dopée par Starlink. C’est ce qui pousse aujourd’hui les industriels européens à accélérer. S’ils n’arrivent pas à former un front uni, ils perdront du terrain face à leurs rivaux américains et chinois.