310 mètres de long, 90 mètres de large et 78 000 tonnes en charge complète… la «France libre» va être le plus grand porte-avions nucléaire français jamais construit. Ce colosse des mers a été présenté par Emmanuel Macron le 18 mars depuis le site de Naval Group, à Indret, près de Nantes. Un «investissement majeur», a-t-il rappelé, d’abord annoncé aux alentours de 10 milliards d’euros, mais qui devrait finalement dépasser les 12 milliards, et qui permettra à la France de rester, avec les Etats-Unis, l’un des deux seuls pays au monde disposant d’un porte-avions nucléaire.

Des dépenses qui pourraient prêter à critiques alors que la dette française dépasse les 3 300 milliards d’euros. Mais cela reste un investissement, et comme le rappelle RTL dans un premier temps, le projet de loi de finances 2026 prévoit une enveloppe de 44 milliards de commandes d'appareils militaires. Ainsi, 10 ou 12 milliards entrent pleinement en compte. En outre, eu égard aux théâtres de guerre actuels, que ce soit en Ukraine ou plus récemment au Moyen-Orient, disposer d’un tel navire s’avère primordial.

800 entreprises au travail sur le porte-avions

C’est aussi une des raisons pour lesquelles ce projet est une bonne nouvelle pour le budget de la France. Car, comme le rappelle RTL, la construction de ce porte-avions va faire travailler 800 entreprises, dont 600 PME et ETI, et neuf achats sur dix seront réalisés en France. Pour rappel, seule la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l’Américain General Atomics. En chiffres, cela se traduira par le travail de 14 000 personnes et la présence de 200 métiers différents.

En outre, comme la France sera la seule avec les Etats-Unis à disposer d’un porte-avions nucléaire de nouvelle génération, elle sera un soutien d’appui en Europe, notamment face aux menaces de Vladimir Poutine. Sur un plan plus politique, le fait d’endosser un rôle de protecteur avec l’arme nucléaire évite que nos voisins européens ne s’attardent trop sur nos finances, rappelle RTL.

Ailleurs dans le monde, la Chine et l’Inde disposent de porte-avions à propulsion classique. Pour la «France libre», l’Etat français a prévu la fabrication de deux chaufferies nucléaires de nouvelle génération. Conçues près de Nantes, elles seront ensuite insérées au reste du navire à Saint-Nazaire dans les Chantiers de l’Atlantique. Sur le pont, 40 appareils pourront être accueillis, dont 30 avions de combat nouvelle génération, 2 avions de guet aérien, 6 hélicoptères et des drones. La base pourra surtout accueillir tous types d’aéronefs, et même ceux des pays alliés.