Pour LVMH, qui a été secoué en Bourse, «la fête sur les actions est finie, mais le vrai match commence maintenant», selon James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, interrogé par Capital. LVMH vient de traverser une année 2025 un peu moins simple que d’habitude, mais pour ce qui est des perspectives 2026 et à moyen terme, «la bête de guerre est toujours là et pourrait finir par profiter du retour de l’appétit pour les les méga-caps (les sociétés cotées pesant très lourd en Bourse, NDLR) européennes», juge le financier, qui recommande toutefois de surveiller les marges de LVMH, l’orientation de l’important marché chinois et l’évolution du cycle du luxe.

LVMH doit affronter le vent contraire de l’évolution défavorable des devises, avec «dollar, yuan, yen et won aux abonnés absents face à un euro bodybuildé», observe le Loup de Zurich. Le résultat opérationnel est ressorti en baisse, certes, mais au‑dessus de ce qu’attendait le consensus des analystes financiers, porté par des marges qui tiennent très bien côté joaillerie. Cependant, le cœur historique de LVMH (le pôle Fashion & Leather Goods : Louis Vuitton, Dior…) marque le pas. Et les Vins & Spiritueux, eux, sont en «gueule de bois prolongée» : Hennessy et le champagne «traversent une vraie crise de cycle», déplore le consultant.

Les perspectives de LVMH restent attractives, en dépit d’une incertitude accrue

Côté discours, le management de LVMH «joue profil bas, avec une prudence affichée pour 2026, de petites révisions en baisse sur le chiffre d’affaires, mais un bénéfice par action encore attendu en légère hausse» note James D. Touati. Traduction : ce n’est plus la fête permanente, pour LVMH, mais ce n’est pas non plus la fin du monde. Sur 2026‑2027, le scénario de base «reste celui d’une reprise modérée du luxe, portée par un pouvoir d’achat qui se normalise et des devises qui cessent de faire n’importe quoi», relève l’expert, qui rappelle par ailleurs que les marques iconiques de LVMH (Louis Vuitton, Dior, Tiffany, Bulgari, Sephora) restent des actifs «introuvables ailleurs : entre désirabilité, pricing power (capacité d’une entreprise à imposer ses prix à ses clients) et distribution intégrée».

LVMH ajuste la mire, avec «1) moins de hausses de prix à la tronçonneuse et plus de travail sur les volumes et la clientèle aspirante et 2) un gros focus sur la formation, le savoir‑faire et les métiers d’art pour nourrir la légende maison et justifier le ticket d’entrée», note le consultant. Le consensus des analystes financiers table encore pour 2026 sur un chiffre d’affaires en légère progression pour LVMH, avec comme hypothèse un environnement économique «pas génial mais pas en récession profonde».

Mais LVMH doit faire face à de nombreux défis et vents contraires, quels facteurs pourraient relancer les actions du n°1 du luxe ?

LVMH doit toutefois composer avec de nombreux défis et des vents contraires. «Les vrais cailloux dans les chaussures de LVMH sont la Chine et l’Asie (où le luxe peut durablement ralentir, sans parler de la concurrence croissante des acteurs locaux du secteur), la luxury fatigue (la relative désaffection des clients pour les articles de luxe, NDLR) en Occident (avec une partie de la clientèle qui glisse vers des marques premium moins chères), un pôle Vins & Spiritueux sous pression plus longtemps que prévu, l’euro fort, la dépendance au tourisme, la conjoncture économique aux Etats-Unis et en Europe et le risque de nouvelles taxes sur le luxe, l’alcool, les importations, et enfin le sujet de la succession de Bernard Arnault (le patron de LVMH, surnommé le Loup en cachemire) scruté à la loupe par le marché», souligne le Loup de Zurich.

Mais plusieurs facteurs pourraient franchement relancer les actions LVMH à la hausse, selon lui : une reprise claire de la demande d’articles de luxe (surtout dans le pôle cuir/mode), une stabilisation ou un rebond de la Chine, un euro qui arrête de surjouer (son appréciation a pesé sur les compte de LVMH, jusqu’ici, NDLR), un mix produit et des marges qui s’améliorent (joaillerie, Sephora, normalisation des spiritueux), des catalyseurs de marché (baisse des taux, rotation des investisseurs en actions vers les valeurs de croissance de qualité, comme LVMH), rachats d’actions (acquisition par LVMH d’une partie de ses propres actions) et dividende plus généreux et enfin un flux de nouvelles positif sur les produits de LVMH (nouveaux sacs iconiques, collaborations qui cartonnent, lancements qui créent la file devant les boutiques).

Quel potentiel en Bourse pour les actions LVMH, selon l’analyse technique et l’analyse financière ?

Les actions LVMH ont-elles un potentiel de hausse selon l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution du cours de Bourse) et l’analyse financière, aux niveaux de cours actuels ? Selon l’analyse technique, le Loup de Zurich a identifié une figure harmonique à implication haussière dite en Navarro 200 (à droite sur le graphique ci-après, où les principaux objectifs sont indiqués), qui «prédit une hausse à venir des actions LVMH vers 650 euros et plus !». Mais attention, si les actions LVMH devaient enfoncer pour de bon la ligne droite reliant les creux d’octobre 2025 et de février 2026, une configuration négative dite en ETE (ou H&S) pourrait potentiellement prolonger le mouvement baissier en direction de 407 euros. Le Loup de Zurich reste toutefois acheteur en Bourse sur les actions LVMH. Le n°1 du luxe du CAC 40 est too big to fail (trop gros pour que ça se termine mal, NDLR) , fait-il valoir.

LVMH : évolution du cours de Bourse et analyse technique
LVMH : évolution du cours de Bourse et analyse technique © Graphique Tradingview : Le Loup de Zurich

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