Nicole, qui compte 75 printemps, vient de vendre en viager occupé sa maison à un couple de quadras. Lors de la signature de la vente, chez le notaire, les acquéreurs ont versé à Nicole une somme d’argent correspondant à la moitié de la valeur de cette maison de 200 000 euros, soit 100 000 euros, la retraitée continuant d’habiter le bien. Outre ce bouquet, totalement exonéré d’impôt car il s’agit de la résidence principale de Nicole, les acheteurs lui versent chaque mois une rente de l’ordre de 700 euros, pendant une quinzaine d’années, durée qui correspond à l’espérance de vie de cette ancienne dessinatrice. Cerise sur le gâteau, la rente viagère bénéficie d’un abattement d’impôt sur le revenu de 70%, Nicole étant âgée de plus de 70 ans.

Un complément de revenus non négligeable pour cette grand-mère, dont la retraite n’excède pas 2 000 euros par mois. «A la retraite, vos revenus chutent de 40% en moyenne», prévient Stanley Nahon, co-dirigeant de Renée Costes. C’est d’ailleurs pour subvenir aux dépenses du quotidien, à commencer par «le remplissage du caddie», que 31% des vendeurs en viager optent pour ce dispositif, indique Igal Natan, également co-dirigeant de Renée Costes. Autre avantage de cette vente en viager, le bouquet de 100 000 euros permettra à Nicole de donner de l’argent à ses enfants pour financer l’achat de leurs propres logements. Enfin, la taxe foncière et les gros travaux incombent désormais aux acheteurs. «Last but not least», Nicole continue de vivre dans sa maison adorée.

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La majorité des vendeurs en viager sont des femmes

Sans le savoir, Nicole correspond trait pour trait au portrait-robot des vendeurs en viager esquissé par la société Renée Costes, lors d’une conférence de presse ce mercredi 11 juin. Ils sont âgés de 74 ans en moyenne et la majorité (39%) d’entre eux sont des femmes seules, qui ont d’autant plus besoin de compléter leur retraite que leur rémunération durant leur vie professionnelle a généralement été sensiblement inférieure à celle des hommes, souligne Igal Natan. La valeur moyenne des biens vendus en viager s’élève à 267 070 euros, le bouquet moyen à 76 252 euros, et la rente moyenne, à 711 euros par mois.

Et, «contrairement à l’imaginaire collectif qui veut que les vendeurs en viager n’aient pas d’enfants, puisqu’il n’y a pas de bien immobilier à transmettre, 63% d’entre eux sont parents», ajoute Stanley Nahon. Une proportion moins étonnante quand on sait que, comme Nicole, un cinquième des vendeurs en viager ont pour principal objectif de disposer de liquidités pour faire des donations à leurs proches.

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Le viager, un marché encore très petit

Malgré le caractère apparemment séduisant du viager, il ne bénéficie qu’à 80 000 retraités actuellement en France, alors qu’il existe depuis une centaine d’années et que le pays compte 19 millions de personnes de plus de 60 ans ! Soit un taux de pénétration de 0,5%, «extrêmement faible», reconnaît Stanley Nahon. Ce qu’il explique par la persistance «d’a priori sur le viager, dont la privation d’héritage immobilier». Un inconvénient que Nicole a compensé en utilisant le viager pour donner de l’argent à ses enfants de son vivant, afin de leur permettre de se constituer un patrimoine immobilier.