Copropriétaire dans une résidence de quatre étages, vous êtes soulagé d’avoir fini de régler votre part de la réparation de l’ascenseur, en panne depuis plusieurs mois. Environ 3 000 euros pour votre quote-part, c’est raide… Pourtant, il va vous falloir dépenser encore un peu d’argent pour l’ascenseur, dans les prochains mois. Il s’agit en effet du principal équipement des copropriétés impacté par l’arrêt prochain des réseaux de télécommunication 2G et 3G. Chez Orange, la 2G s’éteindra définitivement en 2026, a confirmé l’opérateur télécoms le 7 juillet. Idem pour ses concurrents Bouygues et SFR. La 3G, elle, sera arrêtée entre 2028 et 2029. Or les réseaux 2G et la 2G sont utilisés dans la moitié des ascenseurs de France, soit 300 000, pour les systèmes de téléalerte, lorsque la cabine s’immobilise entre deux étages.

L’arrêt des réseaux 2G et 3G «va obliger les copropriétés à moderniser leurs dispositifs», prévenait récemment la start-up Manda, spécialisée dans les syndics de copropriété. Une adaptation technique «souvent coûteuse, qui pourrait entraîner une hausse ponctuelle des charges» de copropriété, alertait-elle. «Un technicien devra mettre l’ascenseur à l’arrêt durant deux à trois heures pour changer le module 2G/3G pour un module 4G/5G. Cela coûte entre 1 000 et 1 500 euros par ascenseur, hors frais de déplacement du technicien», précise Eytan Koren, le patron de Manda. Une somme guère éloignée du coût annuel de la maintenance d’un ascenseur, qu’il évalue à 2 000 euros. «Cela peut représenter un coût important pour les copropriétaires dans un petit immeuble», souligne-t-il. Un coût auquel s’ajoutera celui du nouvel abonnement téléphonique en 4G ou en 5G.

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De nombreux ascenseurs bientôt à l’arrêt ?

Au vu de ces charges supplémentaires, nul doute que le remplacement des téléalarmes des ascenseurs devra être soumis au vote des assemblées générales de copropriétaires. Or «les prises de décisions sont lentes en copropriété. La fin des réseaux 2G et 3G, prévue à très court terme, va rendre très difficile, sinon impossible, la mise à niveau (des téléalarmes) dans les délais requis», s’inquiétait la Fédération des ascenseurs il y a peu. Or, ces téléalarmes étant obligatoires dans les ascenseurs, l’impossibilité de les mettre à niveau «est susceptible d’imposer une mise à l’arrêt des appareils», prévenant son président, Olivier Rouvière. Et ce dernier de s’inquiéter de l’évolution future du taux de «disponibilité» des ascenseurs en France, aujourd’hui de 99%. Cela signifie que chaque jour, 99% des 645 000 ascenseurs du pays ne sont ni en panne ni en maintenance.

L’Unis, qui représente les syndics de copropriété, et l’USH (Union sociale pour l’habitat), qui fédère les bailleurs sociaux, «sont elles aussi inquiètes», ajoutait Olivier Rouvière, soulignant que la France compte seulement neuf ascenseurs pour 1 000 habitants, contre 22 pour mille en Espagne et 17 pour mille en Italie. Si, demain, ces trop rares ascenseurs sont mis à l’arrêt faute de téléalarmes en état de fonctionnement, les familles habitant dans des tours doivent se préparer à des jours difficiles…

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