Ventes sous les 100 000 logements, investisseurs en retrait et crédit encore sélectif : après une année 2025 historiquement basse, proche des points bas observés à la fin des années 1990, le secteur du neuf espère que 2026 marquera enfin un redémarrage.

Les chiffres confirment l’ampleur du décrochage. Avec 92 352 ventes totales en 2025 (–10,8 % sur un an), le marché est très loin des 120 000 à 130 000 réservations annuelles enregistrées lors des meilleures années du cycle précédent.

Le logement neuf au ralenti

Plus frappant encore : les ventes brutes au détail retombent autour de 60 000 unités, un niveau qui n’avait plus été observé depuis le milieu des années 1990. Le logement neuf fonctionne désormais au ralenti.

Le choc vient principalement de l’investissement locatif. La disparition du Pinel a provoqué un effondrement des achats des investisseurs particuliers : leur part tombe à 19 % des réservations au détail, contre près d’un tiers un an plus tôt. À l’inverse, les propriétaires occupants progressent légèrement (+ 4,3 %), sans parvenir à compenser la chute du moteur locatif.

Le crédit, pourtant, montre des signes d’amélioration. Fin 2025, le nombre de prêts accordés dans le neuf progresse de + 15,9 % sur trois mois en glissement annuel. Mais les exigences d’apport repartent à la hausse et le financement reste plus sélectif.

2026 : l’année du redémarrage ?

Les promoteurs veulent croire que 2025 marque le point bas. Les autorisations nationales de logements collectifs repartent à la hausse (+ 19,8 %) et les mises en vente progressent de + 9,4 %, signe que des opérations sont de nouveau enclenchées.

«Il ne manquait qu’une étincelle pour que le marché redémarre», affirme Pascal Boulanger, président de la FPI. Cette étincelle, selon lui, porte un nom : le dispositif Jeanbrun, nouveau statut du bailleur privé destiné à recréer une incitation durable à l’investissement locatif après la fin du Pinel. «Le statut du bailleur privé, pour lequel nous nous sommes fortement investis, est enfin là. À nous désormais, professionnels du logement, avec l’ensemble de l’écosystème, de relever le défi : faire connaître ce statut, expliquer ses atouts et le porter auprès de nos concitoyens.»

Le président de la FPI se montre confiant : «On y croit !» Des échanges réguliers avec le gouvernement sont prévus pour suivre les effets du dispositif. Les premiers mois de 2026 seront décisifs : sans cadre durable, investisseurs et promoteurs resteront prudents. Mais si les conditions de financement se stabilisent et que la visibilité politique s’améliore, le rebond pourrait s’enclencher.