
«Urgent ! Mon cousin cherche un logement étudiant, pour un loyer de 600 euros maximum, à Paris dans le XVIIIe ou en Seine-Saint-Denis. Si vous avez des pistes, il est preneur !» ; «Quelqu’un a un plan pour un logement étudiant en Ile-de-France, en urgence ?» ; «Mon frère cherche un logement étudiant à Toulon, pour 500 euros max, même en colocation, c’est assez urgent !». A 15 jours de la rentrée universitaire, ce type de posts pullule sur le réseau social X.
L’offre de logements étudiants a pourtant rebondi de 14% en France cette année, par rapport à 2024, observe PAP, dans une étude publiée ce jeudi 28 août. «Une amélioration due principalement au retour des primo-accédants sur le marché de l’achat», explique le site d’annonces immobilières entre particuliers. Grâce à des taux de crédit immobilier retombés aux alentours de 3%, qui leur permettent d’accéder enfin à la propriété, de jeunes actifs, jusqu’alors locataires de petites surfaces, les libèrent. Mais «sur le terrain, les étudiants ne voient pas la différence. La demande est structurellement trop forte et absorbe immédiatement ces logements supplémentaires», constate PAP.
Investissement locatif : Bayrou fait un pas de plus vers le statut fiscal du bailleur privé
La piste d’un véritable statut fiscal du bailleur privé
C’est particulièrement vrai à Paris. L’analyse des 200 annonces les plus demandées sur PAP montre qu’un logement, d’une, deux ou trois pièces, reçoit en moyenne… 743 demandes. Et parfois plus de 1 000, notamment pour les très petites surfaces, de 16 mètres carrés en moyenne, car elles offrent les loyers les plus «accessibles», précise PAP. Une accessibilité toute relative, ces studettes d’environ 16 mètres carrés se louant à 727 euros par mois, contre 1 060 euros pour un T2 de 29 mètres carrés et 1 571 euros pour un T3 de 43 mètres carrés.
«Le gouvernement a mis des propositions sur la table qui, si elles se concrétisent, pourraient apporter un peu d’air» à la crise du logement étudiant, espère PAP, citant la création d’un véritable statut fiscal du bailleur privé, réclamé depuis une dizaine d’années par les associations de propriétaires et les professionnels de l’immobilier afin de relancer le marché de la location de longue durée, qui se réduit comme peau de chagrin avec la multiplication des locations saisonnières de type Airbnb.
Etudiants, 3 astuces pour économiser (gros) sur votre logement
Un avantage fiscal fonction du niveau de loyer
Le Premier ministre, François Bayrou, a justement promis, jeudi 28 août, que ce projet de statut fiscal du bailleur privé, porté par la ministre du Logement Valérie Létard et qui doit être créé par le projet de loi de finances pour 2026, figurera à l’ordre du jour de sa déclaration de politique générale du 8 septembre. Selon une source proche du dossier, le gouvernement aurait retenu les grands principes du rapport parlementaire Daubresse-Cosson remis à Valérie Létard le 30 juin dernier. Pour tout investissement locatif réalisé à partir du 1er décembre 2025 et destiné à la location nue de longue durée, le propriétaire bailleur pourrait, chaque année, pendant 20 ans, déduire de ses revenus locatifs 5% de sa valeur d’achat si le bien est neuf et 4% s’il est ancien.
Le rapport propose un taux d’amortissement supplémentaire, de 0,5%, 1% et 1,5 % de la valeur du bien, suivant que le loyer correspond aux loyers intermédiaires, sociaux ou très sociaux. Autrement dit, plus vous louerez en dessous des prix de marché, plus votre taux d’amortissement sera élevé. Une mesure particulièrement intéressante pour les locataires étudiants, aux budgets très restreints : les loyers dits intermédiaires sont inférieurs d’environ 15% au tarif moyen du marché et les loyers dits sociaux sont presque moitié moins élevés que ceux du parc privé dans les zones tendues, où la demande de logements est très supérieure à l’offre. PAP considère ainsi le projet de création du statut du bailleur privé comme «une piste prometteuse».
Taxe foncière : devez-vous vraiment la payer après avoir quitté le domicile conjugal ?
Une majorité de propriétaires intéressés par le statut du bailleur privé
De fait, ces propositions ont rencontré un écho favorable auprès de 62% des 450 propriétaires bailleurs réunis par le site fin juillet lors d’un atelier sur le sujet. Des propriétaires qui «attendent désormais avec impatience la suite des débats parlementaires», indique PAP, le projet de loi de finances pour 2026 devant être examiné cet automne par l’Assemblée nationale et le Sénat. Mais aussi favorable le Premier ministre soit-il à la création d’un statut fiscal du bailleur privé, rien ne dit qu’il sera encore à la tête du gouvernement à l’issue du vote de confiance qu’il sollicitera à l’Assemblée le 8 septembre.


















