
Le seuil se situe autour de 200 000 euros d’actifs financiers. Au-delà, un épargnant cesse d’être un client de masse pour devenir une cible des deux grands modèles du conseil patrimonial français. D’un côté, la banque privée, adossée à un grand groupe d’assurance ou bancaire, qui propose un suivi présenté comme gratuit. De l’autre, le conseiller en gestion de patrimoine indépendant, en cabinet ou en réseau, qui facture des honoraires explicites pour son conseil et compare les véhicules de plusieurs sociétés de gestion.
Les logiques économiques diffèrent radicalement. Le conseil bancaire se rémunère sur les rétrocessions versées par les sociétés de gestion sur les produits placés (assurance-vie, OPCVM, fonds immobiliers). Le CGP indépendant facture des honoraires de conseil de l’ordre de 200 à 500 euros pour un audit patrimonial et 1 à 2 % par an pour une gestion sous mandat. Depuis la directive européenne MIF II, la transparence sur ces rétrocessions est désormais imposée et bouleverse la lecture des coûts réels du conseil.
Deux modèles, deux approches du conseil patrimonial
Côté banque privée, l’argument central est l’intégration. Le client bénéficie d’un accès unique à une gamme étendue couvrant assurance-vie, capitalisation France et Luxembourg, épargne bancaire, immobilier, retraite et transmission. "Notre rôle consiste avant tout à mettre à disposition une offre patrimoniale large et cohérente. L’objectif est de permettre à chacun de construire une stratégie patrimoniale adaptée à sa situation et à ses projets de vie", explique Bertrand Dauba, directeur d’AXA Wealth Management. La grille de produits maison constitue ici la colonne vertébrale du conseil.
Côté CGP indépendant, l’atout revendiqué est la liberté d’architecture. Sous statut CIF (Conseiller en Investissements Financiers) enregistré à l’ORIAS, le professionnel peut comparer les véhicules de plusieurs sociétés de gestion sans contrainte commerciale exclusive. Il facture ses honoraires séparément des produits placés, ce qui élimine le conflit d’intérêts inhérent à la rémunération par rétrocessions. À noter, certains réseaux bancaires collaborent depuis longtemps avec les CGP. AXA travaille avec les indépendants depuis plus de trente ans via AXA THEMA, sa direction commerciale dédiée aux partenaires patrimoniaux.
La directive MIF II a rebattu les cartes en imposant la transparence sur les coûts. Les rétrocessions, longtemps invisibles dans la facturation client, sont désormais portées noir sur blanc dans les relevés annuels. "AXA communique en toute transparence sur les rétrocessions qui sont portées à la connaissance des clients de manière isolée et agrégée. Ces informations sont disponibles sur les situations de compte annuelles pour les supports choisis par le client", précise Emmanuel de la Jonquière, directeur de l’épargne, retraite et prévoyance individuelles chez AXA France. Le client peut ainsi mesurer ce que coûte réellement le conseil bancaire en apparence gratuit.
À partir de quel patrimoine bascule-t-on, et selon quels critères
Au-dessus de 500 000 euros d’actifs financiers, la banque privée gagne en pertinence par son arsenal d’offres dédiées. AXA Banque a lancé en mars 2026 une offre patrimoniale ciblant chefs d’entreprise, professions libérales, cadres supérieurs et dirigeants. "Compte à terme patrimonial 18 mois à un taux bonifié de 0,50 % par rapport à la meilleure grille grand public, accès à la gestion sous mandat Rothschild & Co et Amundi, découvert Lombard de 150 000 euros à 5 millions, crédit immobilier bonifié de 20 points de base pour les crédits à partir d’1 million", détaille Emmanuel Wehry, directeur général d’AXA Banque. Ces avantages bancaires ne sont accessibles qu’au-delà de certains seuils.
Entre 200 000 et 500 000 euros, le CGP indépendant présente souvent un meilleur rapport qualité-prix. La rémunération par honoraires explicites est plus lisible que les rétrocessions noyées dans les frais de gestion, et l’indépendance dans le choix des supports permet d’éviter les conflits d’intérêts. Pour vérifier la solidité du conseiller, plusieurs critères concrets sont à exiger. Statut CIF enregistré à l’ORIAS, certifications professionnelles (CGPC, CIP, CCBI), ancienneté du cabinet (cinq ans minimum recommandés), et adhésion à une association professionnelle reconnue par l’AMF (Anacofi, La Compagnie des CGP, CNCGP).
Trois questions permettent d’évaluer l’indépendance réelle d’un conseiller. Quelle est la part des honoraires dans sa rémunération totale (un CGP réellement indépendant facture l’essentiel de sa rémunération en honoraires explicites)? Puis combien de sociétés de gestion sont référencées (un CGP doit travailler avec une dizaine de gestionnaires au minimum). Enfin, peut-il fournir un tableau comparatif de plusieurs solutions avant toute recommandation. Côté banque privée, les questions à poser concernent la gestion pilotée, les frais complets profil par profil, et la possibilité d’accéder à des fonds non maison. Au final, le bon conseiller est celui qui répond à votre situation, pas celui qui correspond à un seuil de patrimoine.
Les seuils de patrimoine cités sont indicatifs et varient selon les établissements et les CGP. Les fourchettes d’honoraires des CGP indépendants (200 à 500 euros pour un audit, 1 à 2 % pour une gestion sous mandat) correspondent à des pratiques courantes de marché début 2026. Les offres bancaires patrimoniales d’AXA Banque présentées s’appliquent à la clientèle premium éligible. Avant tout engagement, vérifier le statut CIF du conseiller sur le site de l’ORIAS et demander un mandat de conseil explicite.



















