En France, on hérite trop tard. Vers 50 ans, en moyenne, selon les données de l’Insee, lorsque logement, carrière et famille sont déjà en place. C’est dommage pour les héritiers qui auraient aimé recevoir un coup de pouce plus tôt. Mais surtout pour l’économie française.

D'après les derniers chiffres de la Fondation Jean-Jaurès, près de 9 000 milliards d’euros vont changer de main d’ici à 2040, soit de 600 à 700 milliards par an. Problème : cet héritage tardif fige les positions sociales, quand les donations précoces, elles, changent des trajectoires de vie et dopent la croissance économique.

D’où l’intérêt de mettre en place des donations anticipées pour aider un enfant à acquérir un bien immobilier plus tôt, protéger un conjoint dans une famille recomposée, corriger des inégalités entre frères et sœurs, financer les études d’un petit-enfant sans lui donner carte blanche, ou encore transmettre sur deux générations.

Premier avantage : le timing. Donner à un enfant ou à un petit-enfant à 25 ou 30 ans, c’est souvent lui faciliter l'accès à la propriété, lui offrir la possibilité d’acheter plus tôt, d’emprunter moins, ou d’investir dans de meilleures conditions. Une donation bien placée agit comme un puissant levier de départ.

Deuxième gain : la fiscalité. Chaque parent peut transmettre 100 000 euros par enfant tous les quinze ans, sans droits de donation à payer. En anticipant, il devient possible d’utiliser ces abattements plusieurs fois, réduisant mécaniquement la facture successorale.

Donner tôt permet aussi de recourir à un mécanisme redoutablement efficace : le démembrement de propriété. Concrètement, cela consiste à séparer la nue-propriété et l’usufruit d’un bien pour transmettre l’ensemble, à terme, tout en conservant l’usage ou les revenus. Ce procédé est d’autant plus intéressant qu’il est mis en place tôt. Car la valeur taxable de la nue-propriété augmente avec l’âge (40% du prix à 49 ans, contre 51% à 51 ans, par exemple), ce qui accroît fortement les droits de donation ou de succession.

Contrairement aux idées reçues, donner ne signifie pas s’appauvrir ni perdre le contrôle de ses biens. Le droit et le fisc offrent des solutions pour aider sans se démunir : abattements renouvelables, démembrement de propriété, donation-partage, pactes adjoints, SCI, clauses de contrôle ou de retour. Bien utilisés, ces dispositifs permettent de transmettre de la valeur sans renoncer à ses revenus, à son logement, ni à sa sécurité financière.

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