
Les arrêts maladie coûtent cher, le gouvernement ne cesse de le répéter, et ce n’est plus viable, martèle-t-il. Depuis quelques mois, l’exécutif tente de lancer des pistes pour réduire le coût des indemnités journalières qui ont atteint des niveaux inédits ces dernières années, presque 11 milliards d’euros pour la seule année 2024. Sauf que les sommes s’accumulent, comme l’a laissé entendre la ministre de la Santé sur Sud Radio ce jeudi 2 avril, évoquant un total de dépenses ayant atteint «presque 20 milliards d’euros» soit «un milliard de plus tous les ans».
Selon une étude de l’assureur AXA, depuis 2019, année avant Covid-19, les arrêts maladie ont bondi de 50%. En moyenne, un arrêt maladie est posé tous les 20 jours de travail, et ce sont les jeunes (moins de 35 ans) qui les plébiscitent le plus, disent-ils pour préserver leur santé mentale. Lors de la divulgation des chiffres liés aux fraudes à l’Assurance maladie mercredi, où 49 millions d'euros liés aux arrêts de travail ont été stoppés, la ministre de la Santé avait indiqué que de nouvelles mesures seraient annoncées.
Les arrêts courts dans le viseur
Sur Sud Radio, elle a précisé que ces mesures seraient déployées avec ses collègues, les ministres du Travail et des Comptes publics, dans quelques jours. «Nous proposerons des mesures mi-avril, qui permettront d’améliorer et de rendre soutenables ces dépenses», a détaillé Stéphanie Rist, pointant du doigt les arrêts de travail «courts et répétitifs», par exemple de «deux/trois jours». Et d’ajouter : «Ils augmentent de façon très importante, ils ne sont pas les plus coûteux, mais ils désorganisent l’entreprise.»
Si le gouvernement veut prendre ce sujet «à bras le corps», la ministre de la Santé a souhaité ne pas «stigmatiser» les médecins : «Dans de rares cas, il y a des médecins qui prescrivent des arrêts alors qu’ils ne devraient pas. C’est vrai, mais c’est des rares cas. Et donc il ne faut pas généraliser», a-t-elle assuré, expliquant qu’elle avait travaillé avec les médecins «pour savoir les difficultés qu’ils avaient concernant les arrêts maladie et pouvoir proposer des mesures pragmatiques et efficaces».
Autre élément sur lequel l’exécutif veut se pencher, souligne Le Parisien : les sites frauduleux. Selon la ministre, ils proposent «des ordonnances d’arrêts ou de traitements sans qu’il y ait eu une consultation», or pour retirer tous ces sites frauduleux, c’est aujourd’hui «très long», a-t-elle martelé. Stéphanie Rist a parlé d’un délai de six mois alors qu’il ne faut que «24 heures (pour) qu’ils créent des sites-miroir».


















