
Faut-il repousser l’âge de départ à la retraite ? Si la réforme Borne a été suspendue au moins jusqu’à la prochaine élection présidentielle, elle devrait revenir dans les débats politiques dans les mois à venir. Il y a quelques jours, le Conseil d'orientation des retraites (COR) a revu à la hausse ses prévisions de déficit à 2,4% du PIB d’ici à 2070 dans son rapport annuel. Parmi les solutions envisagées : reculer l’âge de départ, «le seul levier» pour atteindre l’équilibre. «Même les plus démagogiques osent dire qu’il faut revenir à la retraite à 62 ans», s’est amusée Agnès Verdier-Molinié sur Europe 1.
Pour la directrice de la fondation iFRAP, cela sera sans doute l’occasion de remettre le débat sur la table. «Le rapport nous dit ce que nous disions déjà quand le COR jouait les ‘rassuristes’ à bon marché, à savoir que le système de retraite n’est plus soutenable sans report de l’âge.» Et d’ajouter : «Bien sûr, il va falloir repousser l’âge de départ à 67 ans, ou plus. Dire le contraire, ce serait mentir aux Français. Les 67 ans, les Pays-Bas y sont déjà, tout comme les Danois, les Italiens, les Espagnols, et les Portugais, ils y sont presque.»
Une situation démographique inquiétante
La seule solution est-elle de travailler plus longtemps ? Selon le COR, il faudrait repousser l’âge de départ à la retraite à 64,4 ans d'ici 2030, à 65,8 ans d'ici 2045 et à 67,6 ans d'ici 2070. «Le COR ne va pas assez loin. Les 67 ans, il faudrait les atteindre dès 2041 si nous voulons rééquilibrer nos régimes de retraite et faire des économies pour ne plus ponctionner la branche famille», a estimé Agnès Verdier-Molinié sur Europe 1.
La situation démographique devrait ainsi impacter les Français très rapidement, selon la lobbyiste. «Dès 2037, notre population va commencer à baisser, selon les projections de l’Insee, et nous aurons en 2070 plus que 1,3 cotisant pour un retraité. C’est une situation intenable», a-t-elle dénoncé. Pour éviter un déficit à 2,4% du PIB en 2070, il faudrait plus de naissances : «Nous n’avons plus assez de naissances en France», a-t-elle fait remarquer au micro d’Europe 1.
Et de poursuivre : «Pour revenir à 1,8 enfant par femme, il faudrait plus de 70 000 naissances supplémentaires par an. Le paradoxe, c’est que pour financer nos retraites, nous siphonnons la branche famille de la Sécurité sociale de presque 14 milliards d’euros par an.» Agnès Verdier-Moliné veut rassurer les Français en insistant sur le report de l’âge, «sinon, nos jeunes actifs ne voudront plus avoir d’enfant, ni travailler et cotiser pour des retraites en baisse, et là, le système s’effondre», a-t-elle alerté.




















