
Si la hausse des prix des carburants a eu un impact dans de nombreux pans de la société, forçant le gouvernement à dévoiler des aides secteur par secteur pour les professionnels et les grands rouleurs, les Français sont globalement aussi très impactés. C’est ce qui ressort d’une étude menée par le groupe Keolis et relayée par 20 Minutes. Si ce lundi 8 juin le prix au litre du gazole se situe aux alentours de deux euros, et celui du SP95 - E10 juste en dessous des deux euros, ces derniers mois, les Français ont réduit leurs trajets.
Selon les résultats de cette étude, 44% des interrogés avouent avoir «réduit ou regroupé leurs déplacements» chaque semaine, quant à la part des grands rouleurs (plus de 400 kilomètres) parmi la population, elle passe de 7% à 3%. «L’impact est très significatif», confirme auprès de 20 Minutes le directeur marketing et prospective du groupe Keolis, David O’Neill. Les automobilistes faisant moins de 50 kilomètres hebdomadaires augmentent par conséquent. Mais ce qui ressort surtout de cette étude, c’est que ce ne sont pas les grands rouleurs les plus impactés.
Moins de sorties en famille ou de vacances
En effet, plus de six interrogés sur dix avouent avoir renoncé à certains déplacements, et en grande majorité pour les loisirs. Près de trois sur dix ont réduit les visites à la famille, un tiers leurs sorties au cinéma ou au restaurant et 34% leurs trajets pour aller en vacances. A contrario, près de quatre sur dix assurent ne pas avoir réduit leurs déplacements, met en exergue l’étude de Keolis. «C’est la vie sociale qui est la première rationnée, et nous faisons face à un phénomène de démobilité devant la crise du carburant qui nous frappe de façon très forte», analyse David O’Neill.
Les plus concernés ? Les Français qui vivent en dehors des métropoles, et plus principalement ceux résidant en zone rurale (39%). Pour pallier la voiture, près d’un tiers avoue avoir fait de la marche et 13% plus de vélo qu’auparavant. Un sur dix déclare également faire du covoiturage. Une dégringolade des déplacements en voiture qui profite aux transports en commun ? Oui, relaie 20 Minutes, puisque plus de trois sur dix ont pris davantage le tram, le métro, le TER ou le train. Chiffre notable : 9% sont de nouveaux clients.
Une hausse des prix intenable
Mais «rien de spectaculaire», note cependant le directeur marketing et prospective du groupe Keolis, idem pour les réseaux de transport lillois ou lyonnais. En revanche, dans les villes ayant mis en place la gratuité, on constate davantage de clients. Enfin, et c’est peut-être à mettre en perspective pour les mois à venir : 37% des interrogés trouvent la hausse des carburants actuelle intenable. Si les prix devaient encore monter, les transports en commun pourraient en bénéficier davantage tout comme le secteur de l’automobile électrique. Mais des améliorations sont encore nécessaires sur les différentes lignes et la qualité de l’offre.




















