Pour la première fois depuis le début du conflit, les prix des carburants sont à la baisse, et surtout l’essence ainsi que le gazole sont repassés sous la barre symbolique des deux euros le litre. Une bonne nouvelle ? En demi-teinte, puisque les tarifs à la pompe étaient 30 à 40 centimes moins élevés avant le début de la guerre. Et cela se ressent sur le porte-monnaie des Français, confirme Dominique Schelcher. Interrogé sur CNews, le patron de Coopérative U évoque un «impact énorme».

«Les Français ont complètement changé de comportement avec la voiture parce que l’impact est très fort», a-t-il mis en avant. Il a ensuite cité une étude d’Elabe parue il y a quelques jours qui révélait que le surcoût lié aux carburants représentait «121 euros par mois pour les Français». Aux pompes de la chaîne de grande distribution, cela «s’est traduit au mois de mai par -18% de consommation», a-t-il affirmé sur CNews.

Moins de voyages, consommation en berne

Pour Dominique Schelcher, le constat est clair : «Les gens roulent moins.» Et de raconter une anecdote : «Quelqu’un me disait : ‘d’habitude, on est à l’aise avec ma famille, les ponts du mois de mai, on en faisait deux voire trois. Cette année, on n’en a fait qu’un. C’était trop cher’. Eh bien voilà, les gens arbitrent et décalent, ils font par exemple beaucoup de covoiturage, ils ne se déplacent plus.»

Parmi ses concurrents, le géant pétrolier TotalEnergies a décidé de maintenir le blocage de ses prix à la pompe, à savoir le litre d’essence et de diesel respectivement affichés à 1,99 euro et 2,25 euros maximum jusqu’à la fin du mois de juin. Mais pas sûr que cela incite les Français à consommer plus. Dans le sondage Elabe réalisé il y a quelques jours, près de deux tiers des Français déclaraient avoir changé leurs projets de vacances.

Beaucoup ont décidé de partir plus près de chez eux ou de rester en France contrairement à d’habitude. D’autres partent moins longtemps que prévu. Et la situation au Moyen-Orient, qui semble encore loin de se décanter, ne fait rien pour rassurer les Français. D’ailleurs, selon les observateurs, même en cas de cessez-le-feu durable, les prix des carburants ne devraient pas redescendre de sitôt. Conjugué à une inflation en hausse et un pouvoir d’achat mis à mal, le sujet des carburants devrait être brûlant encore plusieurs mois.