Deux jours après les premières orientations dévoilées par François Bayrou dans le cadre du budget 2026, les réactions sont toujours aussi nombreuses. Après les politiques, les économistes évaluent une par une les mesures proposées. Si comme le directeur du Département analyse et prévision à l’OFCE, il y a de nombreux écueils dans les mesures proposées, pour Stéphanie Villers, tout n’est pas à jeter. Invitée de «La Matinale» mercredi 16 juillet sur Franceinfo, l’économiste et conseillère au cabinet PwC France considère que «le gouvernement fait le bon diagnostic».

Elle part du constat que l’on demande aux salariés «non pas de cotiser ou de payer plus d'impôts, mais de travailler davantage pour permettre à l'État de récolter plus de recettes». Quant aux retraités, les mesures évoquées concernent le gel de leur pension et «la suppression de l'augmentation de 10%». Toutefois, s’il faut bien «travailler plus» selon elle, il «manque» quelque chose, à savoir «aider les jeunes à aller plus rapidement sur le marché de l'emploi». Dans le même esprit, Stéphanie Villers plaide pour une aide aux seniors afin de «rester en emploi» et la nécessité de se pencher sur le taux d'emploi des femmes.

Un «quoiqu'il en coûte» qui a duré trop longtemps

Mais pourquoi la France se retrouve-t-elle aujourd’hui dans une telle situation ? Selon l’économiste, le «quoiqu'il en coûte» a «duré véritablement trop longtemps». Il faut ajouter à cela les «politiques généreuses des vingt dernières années» ou encore la crise énergétique. «Alors que tous les pays européens se disaient que la BCE ne veille plus au grain et ne finance plus notre dette, nous, on a cru véritablement qu'on pouvait continuer sur ce train de vie», résume-t-elle sur Franceinfo. Le constat selon lequel «plus l'État dépense, plus les Français consomment» n’était pas le bon, ajoute Stéphanie Villers.

La France est-elle au bord du vide comme François Bayrou l’a laissé entendre lors de ses annonces ? Là encore, l’économiste rappelle que tous les pays européens ont connu une période délicate avec la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, l’inflation et la crise énergétique. Toutefois, le cas de la France est différent. «Les autres pays ont réussi à stabiliser leurs dettes et à maîtriser leurs déficits publics», décrypte-t-elle.

Attention au train de vie

L’économiste au cabinet PwC précise qu’il est «très mauvais de se distinguer, car on risque la sanction des marchés financiers». Loin d’être dans la situation de la Grèce, où il y avait «énormément d'évasions fiscales», rappelle-t-elle, la France doit faire attention : «Le risque, c'est que les marchés financiers considèrent que financer notre train de vie n'est plus acceptable et que l'on soit sanctionné.»