
Quelques heures après la libération de Jacques Paris et Cécile Kohler, emprisonnés pendant quatre ans en Iran pour des accusations d’espionnage, c’est un autre ex-otage qui a pris la parole, mais pour des raisons bien différentes. Blogueur et amoureux de voyage, Benjamin Brière a été arrêté lui aussi en Iran en mai 2020. Il était alors accusé d’avoir photographié des zones interdites à l’aide d’un drone récréatif dans un parc naturel du désert près de la frontière entre l'Iran et le Turkménistan. Il aurait aussi critiqué le port du voile islamique sur les réseaux sociaux.
S’il a été condamné à huit ans de prison pour «espionnage» et «propagande» contre le régime, il a finalement passé trois ans en prison, avant sa libération le 12 mai 2023. Après avoir écrit un livre, Azadi, pour raconter sa détention, il explique aujourd’hui le dur retour à la réalité, notamment au niveau administratif, relaie Le Parisien. Et notamment sa bataille avec les impôts. Dans une interview accordée au Journal du Net, Benjamin Brière explique qu’à son retour, il avait été «radié de partout», et ajoute : «J’ai dû me battre pour tout réactiver, à commencer par les impôts.»
Pas le droit aux indemnités chômage à son retour
Après trois ans de détention dans une geôle iranienne, jamais il n’aurait pensé subir autant de questions, raconte-t-il, alors qu’il ne pouvait absolument rien faire, à commencer par remplir sa déclaration : «J’ai expliqué que j’étais en prison, que je n’avais pas pu le faire. Ce à quoi l’agente des impôts me dit que même en prison, on fait sa déclaration…» Si l’homme, aujourd’hui âgé de 40 ans, lui a rappelé qu’il était emprisonné à 5 000 kilomètres de la France, elle lui aurait répondu que «sa famille pouvait le faire».
Au-delà du fait qu’il avait certainement autre chose à penser lorsqu’il discutait avec sa famille, l’ancien otage explique qu’il n’a pu lui parler qu’au cours de la deuxième année. Et encore, les contacts avec le monde extérieur étaient réduits : un quart d’heure par semaine au téléphone «toutes les quatre à six semaines». Sa situation administrative a également été floue à son retour puisqu’il n’avait aucun argent, et surtout, France Travail a dans un premier temps refusé de lui ouvrir ses droits aux indemnités chômage.
Pour avoir gain de cause, il a dû se tourner vers un député, qui lui a écrit au ministère du Travail, afin d’obtenir huit mois d’indemnisations auxquels il avait droit, expliquent nos confrères. Enfin, il déplore au cours de cet entretien avoir dû avancer de sa poche (avec sa famille) des milliers d’euros, notamment en frais d’avocat «parce que l’État français exige que la famille joue le jeu de la justice locale». Un coup de gueule qui doit servir, selon lui, à faire changer les choses dans la prise en charge des anciens otages. Aux côtés de l’association SOS Otages, il souhaiterait la mise en place d’une allocation, leur permettant de vivre avant de se réinsérer dans la société.



















