Avec la nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la fiscalité de l’épargne salariale évolue discrètement mais avec des effets bien réels sur votre portefeuille. La contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 %, portant le taux global des prélèvements sociaux à 18,6 %. Une hausse qui intervient après plusieurs années de stabilité et qui vient mécaniquement diminuer la rentabilité nette des placements, notamment pour les produits d’épargne à long terme.

Ainsi, si les règles fiscales liées à l’épargne salariale restent avantageuses, elles nécessitent d’être bien comprises pour éviter les erreurs au moment de la déclaration. « Si l’épargnant décide de placer son intéressement, sa participation ou sa prime de partage de la valeur sur son plan d’épargne salariale, ces sommes sont exonérées d’impôt sur le revenu », explique Dominique Dorchies, directrice générale déléguée de Natixis Interépargne. Encore faut-il savoir dans quels cas déclarer et comment éviter de payer trop.

Faut-il déclarer son épargne salariale ?

Tout dépend du choix effectué au moment du versement des primes. « Si l’épargnant décide de placer son intéressement et/ou sa participation […] ces sommes sont exonérées d’impôt sur le revenu. C’est également le cas de l’éventuel abondement versé par son employeur », précise Dominique Dorchies. Cette exonération constitue l’un des principaux atouts de l’épargne salariale. Mais certaines situations imposent malgré tout une déclaration. « Les montants de participation et d’intéressement perçus immédiatement doivent être déclarés aux impôts », rappelle Sophie Lebeau, Secrétaire générale de l’épargne salariale et retraite chez Amundi. À l’inverse, « les montants épargnés sont exonérés d’impôt », souligne-t-elle.

En revanche, la situation change totalement si vous choisissez de percevoir ces sommes immédiatement. « Elles sont alors soumises à l’impôt sur le revenu, ce qui peut impacter le quotient familial et avoir un impact sur les prestations sociales perçues », souligne-t-elle. D’autres montants doivent aussi être signalés, même lorsqu’ils ne sont pas imposables. « Certains montants non imposables sont à déclarer car ils sont pris en compte dans le calcul du plafond de déductibilité du PER », précise Sophie Lebeau, citant notamment l’abondement ou les jours de congé transférés. À la sortie, les règles sont spécifiques : « les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu » mais « ces gains sont soumis uniquement aux prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % ».

Une hausse de la CSG qui réduit les gains

La réforme de 2026 ne remet pas en cause les exonérations à l’entrée, mais elle modifie la fiscalité à la sortie. « La hausse de la CSG de 1,4 point impacte les prélèvements sociaux sur les produits de placement », explique Dominique Dorchies. Une évolution qui concerne directement les gains issus de l’épargne salariale. Sophie Lebeau confirme cet effet mécanique : « la hausse de la CSG à 10,6 % s’applique à la sortie, lors du déblocage de l’épargne salariale et retraite ». Après plusieurs années de stabilité, « le taux global est passé à 18,6 % le 1er janvier 2026 ». Cette hausse a également un effet indirect sur d’autres produits : « elle impacte également de façon mécanique le taux de prélèvement forfaitaire unique (PFU) », désormais fixé à 31,4 % pour certains placements.

Quels sont les produits les plus concernés ?

Tous les produits d’épargne salariale et retraite sont concernés. « La hausse s’applique aux PEE et à tous les plans d’épargne retraite (PER) sans distinction », précise Dominique Dorchies. Cela signifie que les gains issus de ces placements sont désormais soumis à ce nouveau taux lors de leur retrait.
Elle ajoute que « les produits exonérés d’impôt sur le revenu […] sont soumis aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 % lors du remboursement des avoirs ». Pour les versements volontaires sur un PER, la fiscalité peut être encore plus lourde : « les produits […] sont soumis au taux de PFU de 31,4 % ».

Déclaration d'épargne salariale : les 3 erreurs à éviter absolument

Penser que tout est exonéré

C’est l’erreur la plus fréquente. « Certaines sommes restent imposables », rappelle Dominique Dorchies, notamment lorsque l’épargnant choisit de percevoir immédiatement son intéressement ou sa participation. À l’inverse, les montants placés peuvent être exonérés sous conditions. Une confusion fréquente qui peut conduire à une mauvaise déclaration et donc à une imposition inutile.

Ne pas vérifier la déclaration pré-remplie

Même si la déclaration est souvent automatisée, elle n’est pas infaillible. « La déclaration est souvent préremplie mais l’épargnant doit vérifier et corriger si besoin », insiste Dominique Dorchies. Un piège fréquent selon Sophie Lebeau : « certains contribuables valident sans comparer les montants avec les relevés fournis ». Or, des erreurs peuvent exister, avec à la clé un risque de trop payer.

Confondre capital et gains

Lors d’un retrait, il est essentiel de faire la distinction. « Le capital peut être exonéré d’impôt sur le revenu, mais les gains sont en général soumis aux prélèvements sociaux », rappelle Dominique Dorchies. Une confusion fréquente qui peut avoir des conséquences fiscales importantes. Autre erreur fréquente : oublier certaines opérations passées. « Il arrive que l’épargnant oublie un ancien plan ou une sortie exceptionnelle, notamment après un changement d’employeur », souligne Sophie Lebeau.

Comment limiter l’impact fiscal

Face à ces évolutions, certains réflexes permettent de limiter la facture. Le premier consiste à privilégier le placement des primes. « Si l’épargnant n’en a pas le besoin, le meilleur conseil est de placer sa prime et non de la percevoir », recommande Dominique Dorchies. Sophie Lebeau va dans le même sens : « épargner les sommes versées par l’entreprise permet d’éviter d’être imposé immédiatement dessus ». Elle insiste également sur une autre piste : « les versements volontaires déductibles sur un PER permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt, dans la limite du plafond du foyer fiscal ». Enfin, Dominique Dorchies rappelle un point clé : « ne pas confondre exonération d’impôt sur le revenu et prélèvements sociaux ». Même exonérés d’impôt, les gains restent soumis à taxation.