Une fois le cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et Israël et l’Iran officialisé, mardi 7 avril, le sort du détroit d’Ormuz est devenu une des principales nouvelles préoccupations. Que va-t-il se passer ces prochains jours au sein de ce carrefour maritime ? L’Iran a la réponse. Le pays va mettre en place des péages en cryptomonnaies pour les pétroliers traversant le détroit, rapporte le Financial Times. L’objectif pour Téhéran est de garder le contrôle de cette voie navigable stratégique.

Hamid Hosseini, porte-parole de l'Union des exportateurs iraniens de pétrole, de gaz et de produits pétrochimiques - organisation travaillant étroitement avec le régime iranien - a déclaré que l'Iran souhaitait percevoir des droits de péage auprès de tout pétrolier de passage et évaluer chaque navire. «Tout peut passer, mais la procédure prendra du temps pour chaque navire, et l’Iran n’est pas pressé», a-t-il ajouté.

La libre circulation maritime au coeur des tensions

Les propos de Hosseini laissent entendre que l'Iran exigera de tout pétrolier qu'il emprunte la route maritime du nord, au plus près de ses côtes, analyse le Financial Times. Cela risque ainsi de soulever des interrogations quant à la volonté des navires occidentaux ou liés aux États du Golfe de prendre le risque d'un tel transit.

Le président américain Donald Trump avait pourtant déclaré, la veille au soir, que le cessez-le-feu était conditionné à «l’accord de la République islamique d’Iran pour l’OUVERTURE COMPLÈTE, IMMÉDIATE et SÛRE du détroit d’Ormuz», selon une publication sur les réseaux sociaux. De son côté, l’Iran souhaite conserver son influence sur cette voie maritime.

Environ 10 à 15 navires pourraient traverser le détroit par jour, car le processus est «assez long», a indiqué Martin Kelly, responsable du conseil au sein du groupe de renseignement maritime EOS Risk. Ils étaient au nombre de 135 navires avant la guerre.