«Si vous n'êtes pas prêt à prendre des risques, vous n'avez rien à faire dans le transport maritime. Si vous ne voulez pas prendre de risques, achetez des obligations américaines», résumait George Prokopiou dès 2014. En pleine escalade du conflit au Moyen-Orient, il est un des seuls armateurs à faire passer ses pétroliers dans le détroit d’Ormuz.

Au sein du détroit d’Ormuz, d’une largeur de 33 kilomètres et où passe habituellement 20% du pétrole consommé dans le monde, le trafic maritime est quasiment paralysé. Peu de navires osent y aventurer, de peur d'être attaqués par des drones iraniens. Mais ce ne sont pas le cas des navires de la compagnie Dynacom, de George Prokopiou. Pourtant, plusieurs bateaux ont déjà été frappés, comme le Mayuree Naree, un vraquier thaïlandais ciblé par deux projectiles le 11 mars dernier.

George Prokopiou, pas un connu dans le petit milieu des armateurs

Les rares navires à braver le danger sont les bateaux de la flotte fantôme, composée de navires souvent en mauvais état, non assurés, dont la propriété est opaque et qui sont utilisés pour contourner les sanctions occidentales, et donc ceux du Grec de 79 ans. En faisant ce pari quasiment suicidaire, George Prokopiou profite de tarifs records. En effet, depuis le début du conflit, les prix du transport maritime dans le Moyen-Orient ont flambé et des acheteurs asiatiques sont prêts à payer cher pour être livrés rapidement en hydrocarbures.

L’armateur grec n’est pas à son premier coup d’essai. George Prokopiou s'est lancé dans le transport maritime dans les années 1970, avec un premier pétrolier. Selon plusieurs sources, il en détient une centaine, via plusieurs sociétés, et des dizaines d'autres sont en construction. Forbes, qui l'a intégré à sa liste des milliardaires au début des années 2020, évalue son patrimoine à 4,7 milliards de dollars, avec une fortune qui a presque doublé ces deux dernières années.