Eric Lombard persiste et signe. Début janvier, l’ancien ministre de l’Economie assurait que des milliers de Français ne payaient aucun impôt sur le revenu, plus précisément des foyers disposant d’un gros patrimoine immobilier. Celle qui était alors ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, l’avait recadré et surtout démenti. Mais il y a une dizaine de jours, le président de la commission des Finances du Sénat Claude Raynal (PS) en rajoutait une couche confirmant les propos d’Eric Lombard. Alors, des Français fortunés échappent-ils à l’impôt sur le revenu ?

Selon le rapport du Sénat, 13 335 personnes ayant un patrimoine supérieur à 1,3 million d’euros seraient concernées. Est-ce réel ? «Pour une part importante, c’est l’application de textes. Mais pour une part non négligeable, c’est lié à la suroptimisation fiscale, qui est légale», a rappelé Eric Lombard, ce vendredi 27 février sur RTL. Pour lui, «l’équité dans notre pays est essentielle, or beaucoup de Français se disent : ‘nous on paye des impôts et des cotisations sociales’ pendant que certains peuvent trouver des montages».

Entre 0,1% et 0,3% des Français concernés ?

L’ancien locataire de Bercy est revenu sur le travail de la commission des Finances du Sénat, qui s’est basée sur les personnes payant l’impôt sur la fortune immobilière. «Mais cela n’inclut pas le patrimoine financier», a-t-il alerté. Y a-t-il alors plus de 13 000 Français qui ne payent pas ? «Bien sûr que oui, probablement quelques dizaines de milliers», a-t-il avancé au micro de RTL, tout en précisant : «Entre les 13 000 identifiés par le Sénat et certainement moins de 100 000», soit entre 0,1% et 0,3% des Français.

Aujourd’hui parti de Bercy, Eric Lombard a une conviction : «Avec ces nouvelles méthodes permettant de piloter ses revenus, il faut que l’imposition soit indexée sur le patrimoine, l’épargne financière.» Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Face à Thomas Sotto, Eric Lombard assure avoir proposé «un outil qui est la contribution sur les hauts patrimoines» lorsqu’il était en poste, tout en ne souhaitant pas surtaxer les grandes entreprises.

L’ancien ministre de l’Economie a laissé entendre que le diagnostic était là déjà depuis un an. Pourtant, Amélie de Montchalin a répondu que c’était faux début janvier… «Ça indique que ce travail était en gestation à Bercy (…) mais il n’y avait pas de note sur le sujet et j’avais demandé qu’on creuse le sujet», a-t-il répondu. Pour rappel, il y a quelques jours, Bercy a réclamé un nouveau chiffrage précis sur le sujet.