
Elle était dans toutes les têtes lorsque le gouvernement Lecornu I n’a duré que quelques heures et que le Premier ministre avait démissionné : la dissolution de l’Assemblée nationale. Option déjà choisie par le chef de l’Etat il y a un peu plus d’un an, elle avait finalement été balayée par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, il y a quelques jours, la jugeant «trop coûteuse». Mais alors que Sébastien Lecornu s’apprête à réaliser son discours de politique générale ce mardi à l’Assemblée, le risque de censure est toujours présent, déjà annoncé par la France insoumise, le Rassemblement national, les Ecologistes ou le PCF.
En cas de censure du gouvernement Lecornu II, une dissolution serait-elle de nouveau à l’ordre du jour ? Interrogé à ce sujet sur BMFTV lundi soir, l’ancien ministre de l’Economie, Eric Lombard, a mis en garde formellement : elle aurait «un coût économique considérable». Et l’ancien locataire de Bercy d’ajouter : «Le problème, ce ne sont pas les agences de notation, mais nos entreprises, qui arrêtent d’investir et de recruter en ce moment. Le fait d’avoir un budget est essentiel pour notre économie et pour l’emploi.»
Trouver un accord avec les socialistes pour éviter la dissolution
Pour Eric Lombard, il est nécessaire de trouver «une voie de passage», qui n’est autre qu’un accord entre le socle commun, «un peu moins commun qu’avant», et le Parti socialiste. Pourquoi ? «Car le Rassemblement national et la France insoumise ne veulent pas négocier et veulent aboutir à une crise qui pourrait conduire à une dissolution». Il souhaite donc tout faire pour éviter une dissolution en arrachant un accord avec le Parti socialiste qui a posé comme condition la suspension de la réforme des retraites.
Cette crainte de la dissolution est dans toutes les têtes. En marge de son arrivée en Egypte, le président, Emmanuel Macron, a appelé tous les partis politiques à «œuvrer à la stabilité» plutôt que faire «des paris sur l’instabilité». Et le chef de l’Etat d’ajouter : «Aujourd'hui, les forces politiques qui ont décidé la censure de François Bayrou et les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre.»
Au sein du gouvernement, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a également déclaré lundi qu’il fallait «faire tout pour éviter» d'aller «vers la dissolution». Appelant ses collègues à «la responsabilité», il a également appelé le gouvernement à «faire son effort, sa part d'humilité et de pas en avant», le tout «pour le bien de l'État, pas pour le bien des partis, pas pour le bien des ambitions personnelles».




















