Jamais une croissance n’avait été attendue aussi basse depuis la pandémie de Covid-19. Jeudi 11 juin, la banque mondiale a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026 à 2,5%, rapporte BFM. Au mois de janvier, l’institution financière tablait sur une croissance de 2,6%, dans tous les cas en baisse par rapport à 2025. La Banque mondiale alerte sur le fait que plus des deux tiers des pays seraient touchés par un ralentissement de leur croissance par rapport à son estimation précédente. Sans grande surprise, la guerre au Moyen-Orient joue un rôle central, et notamment le coût des matières premières en hausse.

C’est le cas aussi bien pour le pétrole et le gaz que pour les plastiques ou les engrais, avec les pays du Moyen-Orient, principaux exportateurs, en première ligne. La croissance pourrait même ralentir encore plus, jusqu’à 1,3%, si les tensions liées à cette guerre devaient perdurer dans le temps, note l’institution. Tablant sur une inflation mondiale à 4%, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme : si le prix du pétrole atteignait 115 dollars le baril, l’inflation pourrait dépasser les 4,4% avec des marchés financiers fortement touchés.

Vers une croissance en hausse en 2027 ?

«Si le choc énergétique déclenchait un choc sur les marchés financiers, la confiance pourrait s'éroder rapidement», a laissé entendre l’économiste en chef adjoint de la Banque mondiale, Ayhan Kose. En cas de pressions énergétiques et financières plus importantes, «les perspectives pourraient se détériorer», a-t-il poursuivi. Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a augmenté ses taux directeurs d’un quart de point pour la première fois depuis trois ans. Une décision prise en pleine hausse de l’inflation dans la zone euro liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. En mai, l’inflation a atteint 3,2%.

De quoi laisser craindre des perspectives négatives dans les années à venir ? Non, nuance toutefois la Banque mondiale, qui table sur 2,8% en 2027 et 2028 même si les taux restent inférieurs à ceux des années 2010. «L’économie mondiale est beaucoup moins résiliente aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2008, et même qu’en 2018», a rappelé Indermit Gill, l’économiste en chef de la Banque mondiale. Selon lui, des taux d’intérêt élevés, des pressions inflationnistes et une incertitude politique marqueront les prochaines années.

L’Inde grande gagnante ?

Dans le détail, la croissance de la zone euro devrait fortement ralentir à 0,8% (contre 1,4% en 2025), tandis que la croissance américaine devrait se stabiliser à 2,2% avant de possiblement ralentir. Enfin, en Chine, après une croissance de 5% en 2025, un ralentissement est aussi prévu à 4,2% du PIB. Des baisses également pressenties au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En revanche, l’Inde devrait rester la grande économie à la croissance la plus rapide au monde à 6,6%, contre 7% l’année dernière.