
L’ONU risque «l’effondrement financier» alerte António Guterres. Dans une lettre adressée aux pays membres, vendredi 30 janvier, le secrétaire général de l’ONU pointe du doigt les «décisions» de pays «de ne pas honorer les contributions obligatoires finançant une part significative du budget ordinaire approuvé». Celui-ci ne cite d’ailleurs pas les pays concernés. On sait, néanmoins, que les États-Unis ont refusé ou retardé certains paiements obligatoires ces derniers mois. Il faut dire que Donald Trump a lancé un «Conseil de la paix», que les détracteurs accusent de se vouloir rival à l’ONU.
Pour le moment, plus de 150 États membres ont bien versé leur cotisation, sur les 193. Cela représente tout de même 1,6 milliard de dollars de cotisations impayées. L’ONU a l’habitude de se débrouiller avec moins que prévu, mais ce déficit est tout de même au moins deux fois plus élevé qu’en 2024. De plus, elle doit rembourser les dépenses non engagées aux États membres. «Nous sommes pris dans un cycle kafkaïen : on attend de nous que nous rendions de l'argent qui n'existe pas», explique António Guterres.
Des dépenses pourtant en baisse
Les États membres ont pourtant voté un budget à la baisse. 3,4 milliards de dollars ont été votés pour 2026, soit 7% de moins que l’année précédente. De plus, 2.400 postes vont être supprimés. Mais ces dépenses resserrées ne sont pas suffisantes. António Guterres craint de ne pas pouvoir «exécuter intégralement le budget-programme 2026 approuvé en décembre (…) Les liquidités du budget ordinaire pourraient être épuisées dès le mois de juillet».


















