
Depuis la guerre au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz, est bloqué, menaçant le transport de pétrole et de gaz naturel liquéfié et faisant craindre une flambée des prix. Pour continuer à exporter, l’Arabie saoudite mise sur l’oléoduc Petroline, qui traverse le pays d’est en ouest, reliant Abqaiq à Yanbu, sur la mer Rouge. Construit dans les années 1980 et long de 1 200 km, ce pipeline, jusqu’ici sous-utilisé, devient aujourd’hui la «roue de secours» du royaume pour acheminer le pétrole hors de la région.
Selon la compagnie pétrolière publique saoudienne Saudi Aramco, le pipeline transporte actuellement un million de barils par jour et pourrait atteindre bientôt 7 millions de barils quotidiens, rapporte L’Express. Une partie du pétrole reste destinée aux raffineries locales, le reste étant envoyé vers le marché mondial, déjà sous tension en raison du conflit et de la hausse des prix. Les Emirats arabes unis disposent également d’un oléoduc qui contourne Ormuz en direction du port de Fujairah, avec une capacité maximale d’1,8 million de barils par jour.
Des solutions alternatives partielles et fragiles
L’Irak, de son côté, tente de relancer un ancien pipeline reliant Kirkouk à la Turquie, capable de transporter environ 250 000 barils quotidiens. Mais ces solutions alternatives restent partielles et fragiles, comme le souligne le journal 20 Minutes. Petroline traverse une zone exposée à des tensions géopolitiques : la mer Rouge est sous influence des Houthis, alliés de l’Iran, qui pourraient menacer le pipeline et le port de Yanbu. De plus, ces infrastructures n’ont jamais fonctionné à pleine capacité sur une longue période, limitant leur efficacité face aux besoins mondiaux.
Pour Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), ces oléoducs ont été prévus pour un blocage hypothétique d’Ormuz, mais ils ne peuvent remplacer complètement ce passage clé. «Dans la crise actuelle, le monde n’a aucun moyen de remplacer Ormuz, pour le pétrole et encore moins pour le gaz naturel liquéfié», explique-t-il.
L’oléoduc Petroline constitue une solution temporaire, mais fragile, pour Riyad et ses voisins. Le détroit d’Ormuz reste un point névralgique de l’économie pétrolière mondiale, et son blocage pourrait continuer à peser sur les prix et l’approvisionnement.











