
«On marche sur la tête». Invité sur le plateau de CNews, Jean-Philippe Cartier a dressé un tableau peu reluisant des difficultés rencontrées par les Français en matière de pouvoir d’achat. L’entrepreneur qui est aujourd’hui le président de H8 Invest, une holding d’investissements qui détient des participations dans une quarantaine d’entreprises, estime que nous assistons depuis une trentaine d’années à un «déclassement sans commune mesure».
Alors que l’inflation repart à la hausse en ayant fait un bond de 1,7% en l’espace d’un an et menace par ricochet le pouvoir d’achat des Français, Jean-Philippe Cartier a détaillé son propos en s’appuyant sur le secteur de l’hôtellerie-restauration. Pour ce dernier, «aujourd’hui les gens ne s’en sortent plus et les salaires sont beaucoup trop faibles». Prenant l’exemple d’une femme de ménage dans l’un de ses hôtels qu’il rémunère 1 800 euros chaque mois - contre 1 400 à 1 500 euros qu’elle gagnait auparavant - celle-ci déplore «qu’il lui manque 500, 600, 700 euros par mois pour vivre», a-t-il expliqué, tout en précisant entendre ce type d’appel de la part de ses salariés «tous les jours, matin, midi et soir».
Des charges sociales lourdement taxées
Expliquant dans le même temps que la France reste le pays le plus taxer au monde en matière de charges sociales, Jean-Philippe Cartier s’est dit «halluciné de ce qu’il se passe aujourd’hui». Alors que la prochaine échéance présidentielle arrive à grands pas, l’entrepreneur a estimé que le sujet numéro un restait celui du salaire. «Les salaires en France son beaucoup trop bas», a expliqué celui qui s’était fermement opposé au Medef lorsque l’organisation patronale avait annoncé que pour remettre les jeunes au travail il était nécessaire de baisser les salaires. «Comment peut-on dire des choses aussi saugrenues dans un moment où les gens n’ont jamais eu autant besoin d’argent», a-t-il fustigé.
Toujours selon le président de H8 Invest, cela fait désormais trente ans que le travail est dévalorisé en France, ce dernier étant devenu «une valeur déclassée». Jean-Philippe Cartier a en effet expliqué que les salaires n’ayant pas suivi l’évolution d’un certain nombre de choses, à commencer par les inflations successives, les chefs d’entreprises se retrouvent désormais sans solution. «On a un pays qui a beaucoup de richesses, qui a beaucoup d’entrepreneurs courageux dont beaucoup sont en train de partir, et il faut absolument qu’il y ait un retournement de la table», a-t-il enfin plaidé, se demandant dans le même temps «comment la France a pu en arriver là».



















