
Le phénomène se manifeste dès les premières étapes du parcours d’achat : 55% des personnes interrogées disent s’être déjà senties illégitimes lors de la visite d’un bien.
Un ressenti que connaît bien Clara, 34 ans, en couple et en CDI, devenue propriétaire il y a six mois d’un deux-pièces en région parisienne, après plusieurs années d’hésitation et de ce qu'on appelle désormais "immo-anxiété".
«Sur le papier, tout était réuni»
Et elle n'est pas la seule à éprouver cette crainte face à un projet immobilier : selon l’enquête, 31% des répondants redoutent avant tout de faire le mauvais choix. Pour Clara, cette peur s’est renforcée dans un contexte moins favorable qu’auparavant. Entre des taux d’intérêt plus élevés, la crainte des charges de copropriété et des travaux imprévus, «j’avais peur qu’acheter m’appauvrisse avant même de me constituer un patrimoine», confie-t-elle.
Comme 39% des personnes interrogées, Clara craignait également de découvrir des vices cachés après l’achat, révélant une peur diffuse de l’imprévu et du manque de maîtrise. À cette inquiétude financière s’ajoutait une anxiété très concrète liée à l’administratif. «Rien que ma déclaration d’impôt annuelle est déjà une source de stress. Devenir propriétaire, avec la taxe foncière, les charges et les démarches, me donnait l’impression de rajouter une angoisse supplémentaire», explique-t-elle.
Peur de l’erreur et sentiment d’irréversibilité
«Ce n’était pas une question d’envie, mais d’angoisse. Acheter, pour moi, c’était m’engager pour 25 ans, renoncer à une forme de liberté et surtout risquer de faire une erreur irréversible», résume-t-elle. Dans un contexte économique et politique instable, cette peur est loin d’être isolée. Mauvais emplacement, charges sous-estimées, travaux lourds à prévoir… Acheter est souvent vécu comme une décision difficilement réversible, à l’inverse de la location, jugée plus souple et rassurante.
Paradoxalement, cette anxiété cohabite avec une autre réalité : continuer à payer un loyer élevé sans se constituer de patrimoine représente aussi un coût sur le long terme. Mais pour beaucoup, le risque perçu de l’achat demeure supérieur à celui de rester locataire.
Après plus de quatre ans d’hésitation, Clara a décidé de se faire accompagner par des experts. «J’ai pris le temps d’échanger avec des professionnels et d’obtenir une vision claire et chiffrée», explique-t-elle. Propriétaire d’un deux-pièces en région parisienne depuis six mois, elle conclut : «L’angoisse n’a pas disparu, mais elle ne pilote plus mes décisions.»
Selon l’Insee, la part des ménages propriétaires de leur résidence principale est restée globalement stable entre 2022 et 2025, autour de 57%, avec une légère hausse en 2025. Une stagnation qui traduit un accès à la propriété toujours contraint, malgré des aspirations fortes.
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