Un business juteux. En France, les chambres de bonne se comptent par milliers dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille. Et avec leur loyer abordable, elles restent pour beaucoup le seul moyen de se loger, malgré leurs dimensions minimes et leur insalubrité. «La plupart des annonces de chambres de service qu'on publie vont obtenir entre 10 et 50 contacts d'acheteurs dans les premières semaines. À la location, un logement à 400, 500 euros, vous allez recevoir vraiment 1 000 demandes de locataires en moins d'une journée», explique Corinne Jolly, la PDG de PAP (particulier à particulier), au micro de TF1.

Si les demandes affluent, c’est parce qu’un business important gravite autour des chambres de bonne. Les propriétaires n’hésitent plus à employer les grands moyens pour rendre attractifs ces logements et donc les louer au prix fort. «Moi, je mettrais le lit ici, la cuisine de ce côté-là, la salle de bain là, un long rangement filant. Et là, c'est l'espace de vie central, du coup, qui reste plus libre», détaille-t-elle, Séréna Rollet, de Boro Architectes, réquisitionnée pour transformer une chambre de bonne.

Une rentabilité de 5%

Avec l’ajout de la rénovation énergétique, l’adaptation au réseau d'eau et d'électricité, le coût total des opérations s’élève à 38 000 euros. «Il faut vraiment qu'on optimise le moindre centimètre carré. On ne parle même plus de mètre carré dans ces microsurfaces», poursuit-elle. Et cela semble marcher puisqu’une chambre de bonne à Paris de 9 mètres carrés, bien située, avec des sanitaires et un ascenseur, affiche un prix de 128 000 euros.

Une rentabilité que Thierry Vignal, fondateur d'Atom Living, a bien comprise. Avec son entreprise, il propose de rénover des appartements de moins de 14 mètres carrés pour le compte de propriétaires, qui n’ont rien d’autre à faire que de financer les travaux. «Un 13 mètres carrés, ça se loue 600 euros charges comprises. Et ça s'achète 150 000 euros au total. Et ça donne une rentabilité d'environ 5%», soit plus que la moyenne parisienne, précise-t-il. Pour rendre le résultat final le plus optimisé, ces micro-logements reprennent les codes de l'hôtellerie de luxe, des cabines de yachts.

Une démarche qui peine à convaincre

Pourtant, convaincre les propriétaires reste difficile selon le dirigeant. «Dès qu'on en parle, dès qu'on dit qu'on va louer 9, 10, 11 mètres carrés à des gens, on passe pour un dangereux malade. Et nous, ce qu'on veut démontrer, c'est qu'effectivement, ce n'est pas la taille qui compte. C'est la manière dont c'est agencé, et montrer que c'est vivable», explique Thierry Vignal. Selon une étude réalisée pour la Ville de Paris, un million de mètres carrés de chambres de bonne étaient inoccupés dans la capitale, il y a quelques années.

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