Si vous avez réalisé un investissement locatif à Clichy, vous avez eu du flair ! Dans cette ville des Hauts-de-Seine, une annonce de location reçoit en moyenne 64 candidatures, selon les données publiées le 21 février par le groupe d’immobilier Manda pour le quatrième trimestre 2024. Ce ratio est même supérieur à celui, déjà très élevé, de Paris, où une annonce de location fait l’objet de 44 candidatures. A titre de comparaison, le ratio moyen en France est de 13,5. Surtout, le nombre de candidatures par annonce a bondi de 30% à Clichy en l’espace d’un an, alors qu’il a chuté de 46% à Paris. Les loyers demeurant élevés dans la capitale, malgré leur encadrement, et le taux de rotation des locataires étant faible, «étudiants et jeunes actifs se reportent vers la première couronne parisienne, et même plus loin, à Argenteuil (Val-d’Oise) par exemple», décrypte Eytan Koren, cofondateur et président de Manda. Un phénomène accentué par les prolongations et créations de lignes de métro dans le cadre du Grand Paris Express.

Ce mouvement de report d’une grande métropole vers des villes périphériques s’observe dans d’autres régions. A Lyon, le nombre de candidatures par annonce de location a plongé de 20% entre le quatrième trimestre 2023 et le dernier trimestre 2023, à 14. Une évolution que Manda attribue à «la hausse des loyers», là encore malgré leur encadrement, et à «une concurrence accrue avec d’autres villes moins onéreuses», comme Villeurbanne et Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise. Dans le Nord de la France, c’est Tourcoing qui se présente comme un marché de report de Lille, avec une envolée de 221% du nombre de candidatures par annonce en un an. Un nombre qui n’est encore que de sept en moyenne mais, «quand on est en concurrence avec six autres candidats, on a assez peu de chances d’avoir l’appartement», souligne Eytan Koren.

Bordeaux plébiscitée par les étudiants et jeunes actifs

A l’opposé, «à Nancy ou Caen, avec un dossier bien ficelé, il y a peu de chances que la location vous échappe», observe-t-il. Le nombre de candidatures reçues par annonce de location s’élève à seulement trois à Nancy. Manda y voit «une opportunité pour les étudiants, qui bénéficient de loyers attractifs à proximité de l’Université de Lorraine et d’une concurrence moindre» que dans une ville comme Bordeaux.

Dans la préfecture de la Gironde, le nombre moyen de candidatures par annonce de location a flambé de 79% en 12 mois, pour atteindre 27. «Bordeaux dénote par rapport à la plupart des autres grandes villes», souligne Eytan Koren. Il invoque «un cadre de vie séduisant, un coût de la vie inférieur à ceux de Paris et Lyon, ainsi que la présence d’universités prestigieuses, comme Sciences Po». Avec l’ouverture de nouvelles formations dans la ville, «les systèmes Parcoursup et Mon Master pourraient avoir joué un rôle dans la redistribution des étudiants sur le territoire, contribuant à une hausse notable des candidatures étudiantes à Bordeaux», ajoute le dirigeant. Résultat, étudiants et jeunes actifs représentent pas moins de 87% des candidats à la location dans la ville.

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Marseille, autre alternative à Paris et Lyon

Autre grande ville qui s’impose comme une alternative à Paris et Lyon : Marseille. Le nombre de candidatures par annonce de location dans la cité phocéenne a bondi de 34% en un an, à 17. «Economie locale en plein essor, coût de la vie compétitif, climat méditerranéen, logements plus abordables... Les trentenaires, en quête de qualité de vie et de plus grandes surfaces, sont de plus en plus nombreux à considérer Marseille comme une alternative idéale. Alors qu’ils ne représentaient que 12% des candidats à la location en 2023, ce chiffre est passé à 19% en cette fin d’année 2024», analyse Manda.