
Avec les premiers résultats de Parcoursup, tombés le 2 juin, la galère de la recherche d’un logement étudiant a déjà commencé pour nombre de jeunes. Une galère que Léa a connue il y a un an, lorsqu’elle a quitté sa Bretagne natale pour Paris, afin d’y suivre les cours de la prestigieuse école de cinéma dans laquelle elle était admise. Impossible, compte tenu du budget serré de ses parents, de trouver une location dans la capitale ! Le cas de Léa est loin d’être isolé. «L’analyse des 100 annonces de location les plus demandées à Paris, ces dernières semaines, sur Particulier à particulier (PAP), montre clairement l’importance du critère budgétaire pour les étudiants», confirme une étude du site internet, publiée le 10 juin.
A Paris, les étudiants recherchent quasi exclusivement de très petites surfaces, afin de payer le moins cher possible. Plus des trois quarts des biens qu’ils demandent sur PAP sont de petits studios, d’une surface moyenne de 15,8 mètres carrés, pour un loyer moyen de 690 euros. Soit un loyer de 43,7 euros par mètre carré, contre 17,03 euros pour l’ensemble de la France, toutes surfaces confondues ! Ce, bien que Paris expérimente l’encadrement des loyers depuis plusieurs années. Les deux pièces, eux, représentent près du quart des recherches des étudiants dans la capitale et, là aussi, il s’agit de très petits T2, d’une surface moyenne inférieure à 30 mètres carrés, pour un loyer moyen de 996 euros. Soit près de 35 euros le mètre carré.
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La petite couronne, désormais recherchée par les étudiants
Il faut dire que les étudiants, ou plutôt leurs parents, visent des arrondissements où ils se sentent en sécurité et pas trop éloignés de leur fac ou école, comme les XIe, XIIIe et XVIIe, qui ne sont pas les moins chers. Ce qui les conduit à faire «de fortes concessions sur le confort, sur ce marché ultra-tendu», constate PAP. «Ultra-tendu», l’adjectif n’est pas trop fort, une annonce de location étudiante à Paris recevant près de 600 demandes en moyenne en quelques jours. Un chiffre qui grimpe à 1 400 pour les biens les plus abordables.
Léa, qui a grandi dans une maison, n’a pas pu se résoudre à emménager dans une studette en plein Paris. Elle a donc élargi sa recherche à la petite couronne, c’est-à-dire aux trois départements limitrophes de Paris que sont la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine. «La petite couronne parisienne est désormais pleinement intégrée aux stratégies de recherche des étudiants», acquiesce PAP. La jeune fille a trouvé une colocation dans une maison à Bobigny (Seine-Saint-Denis), d’où elle rallie son école de cinéma dans le XVIIIe arrondissement de Paris en une quarantaine de minutes, via les lignes 5 et 4 du métro.
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Attrait croissant de la Seine-Saint-Denis
«Longtemps écartée des circuits locatifs étudiants traditionnels, la Seine-Saint-Denis séduit de plus en plus les étudiants», confirme PAP, citant également les communes de Montreuil, Saint-Ouen, Aubervilliers, Livry-Gargan, Noisy-le-Grand et Saint-Denis. Des villes où les loyers sont bien plus abordables qu’à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, et qui sont toutes proches de la capitale, notamment grâce aux extensions récentes et à venir des lignes de métro, à l’image de la 14, prolongée jusqu’à Saint-Ouen. Sans oublier l’existence des pôles universitaires de Paris 8 à Saint-Denis et de Paris 13 à Villetaneuse. S’y ajoute un «effet post-JO 2024, avec la réhabilitation de plusieurs quartiers et la construction de nouvelles infrastructures», comme le village des athlètes, qui ont conféré à ces communes «une image plus moderne, en rupture avec les clichés encore tenaces» dont pâtit le 9-3, explique PAP.
Comme Léa, plus de la moitié (56%) des étudiants inscrits dans des écoles ou des facs à Paris vivent en dehors de la capitale, selon une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme. Grâce à des loyers moins chers, 62% des biens recherchés en proche banlieue par des étudiants sur PAP sont des T2, d’une surface moyenne de 33 mètres carrés, pour un loyer de 830 euros, soit 25,2 euros le mètre carré. La demande est du coup «extrêmement forte», là aussi, souligne PAP, avec en moyenne 407 réponses pour une annonce de T2 à louer en banlieue.
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