
Pour beaucoup de Français, le travail ne garantit plus un meilleur niveau de vie. Selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV, 77% des Français considèrent aujourd’hui que le travail ne paie plus. Parmi eux, plus de la moitié juge que ce n’est «pas vraiment» le cas, tandis que près d’un quart estime que le travail ne paie «pas du tout». A l’inverse, seuls 23% pensent encore que l’emploi reste un levier efficace pour s’en sortir financièrement. Ce constat traverse l’ensemble de la société, mais il est particulièrement marqué chez les actifs. Près de huit personnes sur dix en emploi partagent ce sentiment, tout comme une large majorité des 35-64 ans.
Les employés, ouvriers et habitants des zones rurales ou des petites villes se montrent également parmi les plus pessimistes, traduisant un malaise profond dans les catégories les plus exposées aux tensions économiques. L’idée selon laquelle travailler davantage permettrait de gagner plus ne convainc plus. Une part importante des Français estime que l’augmentation du temps de travail n’a que peu, voire aucun effet sur les revenus.
L’inflation dans le viseur
Pour beaucoup, les gains supplémentaires restent trop faibles pour compenser la hausse du coût de la vie. Seule une minorité (14%) croit encore qu’un surcroît de travail pourrait améliorer significativement la situation financière, notamment chez les actifs les plus jeunes. Face à ce sentiment d’impuissance, les solutions envisagées pour améliorer le niveau de vie se situent rarement du côté du travail. Les Français privilégient d’abord la réduction des dépenses et une meilleure gestion du budget (51%).
L’investissement, qu’il soit immobilier ou financier (32%), apparaît également comme un levier important, tout comme le choix de déménager vers des zones où le coût de la vie est moins élevé. La mise en couple et la mutualisation des revenus (30%)sont aussi perçues comme des stratégies plus efficaces que l’effort professionnel supplémentaire.
Les causes de ce désenchantement sont clairement identifiées. L’inflation reste, aux yeux d’une majorité (63%), le principal acteur d’érosion du pouvoir d’achat, même si elle ralentit. Le poids du coût du travail et des cotisations sociales est également largement mis en cause. Beaucoup estiment que le modèle actuel comprime les salaires nets et limite les bénéfices concrets du travail.



















