
Le bulletin de salaire pourrait s’appeler le mal-aimé tellement ce document fait peur aux salariés, et peut-être aussi aux employeurs. Pour enfin le comprendre, suivez les conseils de Mélanie Voin, directrice de la communication et des relations publiques du Club Landoy.
1/ Une lecture attentive
Que faites-vous quand vous recevez votre bulletin de paie ? Inconsciemment, vos yeux se portent peut-être sur votre salaire net, la somme que vous allez toucher sur votre compte bancaire ? Selon une étude d’opinion de septembre 2025 (échantillon de 1000 actifs salariés du public et du privé) du Club Landoy, 74 % des personnes interrogées consultent leur fiche de paie. Un bon point mais il est possible d’aller plus loin : «Idéalement, il faudrait regarder les autres lignes car elles en disent long sur notre modèle social, souligne Mélanie Voin. Elles désignent des cotisations, ce pourquoi nous sommes protégés en France».
2/ Les CSG
Ces fameuses lignes immuables des CSG correspondent à la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). «Historiquement, elles ont été ajoutées pour combler le déficit de la sécurité sociale, indique Mélanie Voin. La première contribue, entre autres, au financement de la protection sociale, via l’assurance maladie ou la politique familiale. L’autre sert à l’amortissement de la dette sociale via la caisse d'amortissement de la dette sociale (CADES)».
3/ Les différentes cotisations
Parmi les cotisations sociales, il y a celles salariales et celles patronales. «Ces dernières font aussi partie du salaire même si elles sont payées par l’employeur, contrairement à ce pensent 48% des salariés interrogés pour notre étude», souligne Mélanie Voin. Vieillesse, famille, maladie et chômage sont parmi les cotisations les plus identifiées. Il en existe des moins connues : la contribution au dialogue social qui finance les syndicats, le fond national d’aide au logement (FNAL) ou encore la contribution solidarité autonomie (CAS) pour des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.
4/ Le prélèvement à la source
Ce fameux impôt sur le revenu (PAS) mis en place depuis janvier 2019 est directement déduit avant le versement du revenu. Etalé sur douze mois, le taux d’imposition est propre à chacun. En cas de variation de revenu ou de changement de situation (mariage, Pacs, divorce ou rupture de Pacs, décès, naissance), il est possible de moduler le taux dans son espace personnel sur impots.gouv.fr.
5/ Un outil pratique
«Il faut voir la fiche de salaire comme un outil pratique pour anticiper, conseille Mélanie Voin. Regarder le détail des cotisations permet de se rendre compte de ce qui est couvert afin d’avoir une vision fine de ces finances. Par exemple, s’il n’y a pas de prévoyance, il faudra cotiser pour un plan d’épargne retraite (PER)». Certes, un bulletin de paie est complexe mais il ne faut pas hésiter à poser des questions aux personnes compétentes et/ou aux services dédiés pour clarifier les informations. «Comprendre, c’est pouvoir agir pour soi», conclut-elle.

















