Quelle est la différence entre fiche de paie et bulletin de salaire ?

Il n’y a pas de différence juridique entre une fiche de paie et un bulletin de salaire : il s’agit du même document. En réalité, « Bulletin de paie » est le terme officiel utilisé par le Code du travail (art. L3243-2). « Fiche de paie » et « Bulletin de salaire » sont des termes usuels, largement employés dans le langage courant. Ils n’ont pas de valeur juridique spécifique, mais ils désignent exactement le même document.

La fiche de paie est-elle obligatoire ?

Oui, la remise d’une fiche de paie est obligatoire, mais pas pour tout le monde de la même manière.

Principe général : une obligation légale

En droit du travail français, selon l’article L3243-2, l’employeur doit remettre un bulletin de paie à tout salarié, à chaque périodicité de paie : « Lors du paiement du salaire, l’employeur remet au salarié une pièce justificative dite bulletin de paie. » L’obligation porte sur la remise, pas sur le support (papier ou dématérialisé).

Salariés concernés

Le bulletin de paie est obligatoire pour tous les salariés, quels que soient :

  • le type de contrat : CDI, CDD, intérim, temps plein ou cas d’activité partielle ;
  • le statut : ouvriers, employés, agents de maîtrise, cadres ;
  • le secteur : privé, associatif, fonction publique (titulaires et contractuels).

À noter que, même pour une seule heure travaillée, un bulletin de paie doit être remis.

Support et remise : format numérique ou papier

Le bulletin de paie peut être remis soit en format numérique, soit en format papier. Par défaut, l’employeur peut procéder à une dématérialisation du bulletin, sauf opposition expresse du salarié, lequel conserve le droit d’exiger une remise papier. Le document doit être conservé par l’employeur pendant la durée légale, et par le salarié à titre de preuve de ses droits sociaux.

Fonction juridique et sociale du bulletin de paie

Au-delà de sa fonction informative, la fiche de paie constitue une preuve essentielle des droits sociaux du salarié, notamment pour la retraite, l’assurance chômage ou les frais de santé. Elle doit donc être conservée avec soin, car elle atteste de l’ensemble de cette période d’activité professionnelle.

Formalisme de la fiche de paie

La fiche de paie doit respecter un formalisme strict afin de garantir l’exercice du droit du salarié. Certaines informations ne peuvent pas y figurer, y compris par la mention d’une rubrique susceptible d’en révéler indirectement l’existence. Ainsi, l’employeur ne peut faire apparaître de mention sur le droit de grève ou toute information portant atteinte au salarié.

En cas de non-remise du bulletin de salaire

L’absence de remise du bulletin de salaire constitue une infraction pénale (amende de 450 euros par fiche non remise), mais il caractérise aussi un manquement grave au sens du droit du travail. Il peut aussi fonder un contentieux devant le Conseil des prud’hommes à l’initiative du salarié, indépendamment du paiement effectif de la rémunération.

Comment lire une fiche de paie ?

Lire une fiche de paie suppose d’identifier les informations relatives aux parties, à la rémunération, aux cotisations sociales, au montant net versé. Le document répond à une présentation normalisée destinée à garantir la lisibilité des droits du salarié et la transparence du coût total supporté par l’employeur.

Les informations de l’employeur

Le haut du bulletin de paie regroupe l’ensemble des informations d’identification de l’employeur et du salarié. Ces mentions permettent de rattacher le bulletin à une relation de travail précise et juridiquement identifiable. Du côté de l’employeur, le bulletin de paie mentionne notamment :

  • le nom ou et adresse de l’entreprise (ou la désignation de l’établissement) ;
  • l’adresse du siège ou de l’établissement employeur ;
  • le numéro de la nomenclature d’activité de l’établissement d’emploi (code APE ou code NAF), qui identifie le secteur d’activité ;
  • la convention collective de branche applicable ou référence au Code du travail (position dans la classification, minima salariaux, primes, durée du travail, etc.).

Ces informations permettent au salarié de vérifier le cadre juridique dans lequel s’inscrit son contrat de travail.

Les informations du salarié

Du côté du salarié figurent les éléments d’identification individuelle et professionnelle :

  • Le nom et le prénom.
  • Le poste occupé ou l’intitulé de la fonction.
  • Le numéro de matricule attribué par l’entreprise.
  • La classification ou le coefficient de salaire, qui correspond au niveau hiérarchique et aux responsabilités exercées.
  • La classification conventionnelle, telle que définie par la convention collective applicable.

Ces données permettent de vérifier la cohérence entre le poste réellement occupé et la rémunération versée.

Les mentions relatives au temps de travail et à l’ancienneté

Le bulletin de paie doit faire apparaître plusieurs mentions obligatoires liées à l’exécution du contrat de travail. On y retrouve notamment la durée du travail (temps plein ou temps partiel, nombre d’heures normales et supplémentaires), ainsi que la date d’ancienneté du salarié, qui peut avoir une incidence sur certains droits (congés, primes, indemnités).

La date de versement du salaire est également indiquée, ce qui permet de vérifier le respect de la périodicité de paie et des obligations de l’employeur.

Comprendre une feuille de paie : la rémunération brute

La partie centrale de la fiche de paie détaille la composition de la rémunération brute du salarié. La première ligne fait apparaître le salaire brut mensuel, soit la rémunération pour un mois de travail avant déduction des taxes et cotisations. Le salaire brut correspond au salaire mensuel de base fixé par le contrat de travail et des avantages susceptibles de s’y ajouter, tels que :

La fiche de paie peut également faire apparaître la prise en charge par l’employeur des frais de transport domicile-travail. Cette prise en charge, partiellement obligatoire, figure soit comme un remboursement de frais, soit comme un avantage spécifique.

Décrypter un bulletin de salaire : les cotisations sociales

Le bulletin de paie précise l’ensemble des cotisations sociales, en distinguant les parts salariales et patronales. Le document indique clairement le Net à payer, soit la somme versée au salarié, après déductions et prélèvements obligatoires. Il peut aussi faire apparaître le montant total des déductions et exonérations dont bénéficie l’employeur.

Zoom sur les cotisations sociales figurant sur la fiche de paie

La partie « cotisations sociales » du bulletin de paie détaille, pour chaque ligne, la base de calcul, le taux applicable et le montant prélevé. Ces cotisations participent au financement de la Sécurité sociale et de la protection sociale au sens large. Elles se répartissent entre cotisations salariales et cotisations patronales.

Assiette des cotisations sociales

Chaque ligne de cotisation repose sur une nature de la base de calcul spécifique. Celle-ci désigne le type de rémunération pris en compte pour le calcul. Cette base constitue l’assiette de la cotisation, c’est-à-dire le montant sur lequel est appliqué un taux pour déterminer la somme due.

Toutes les rémunérations ne sont pas nécessairement intégrées dans la même assiette : certaines peuvent être totalement ou partiellement exclues, selon les règles en vigueur ou les dispositions particulières prévues par la loi ou la convention collective.

Les cotisations salariales (part du salarié)

Depuis plusieurs réformes intervenues entre 2018 et 2023, les cotisations salariales ont été allégées, au profit notamment de la CSG. À l’heure actuelle, le bulletin de paie fait apparaître principalement les cotisations suivantes :

  • Maladie (régime local d’assurance d’Alsace-Moselle) : cette cotisation ne concerne que les salariés affiliés au régime local des départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle.
  • Assurance vieillesse plafonnée : elle finance la retraite de base et est calculée sur la fraction de la rémunération limitée au plafond de la Sécurité sociale (PASS).
  • Assurance vieillesse déplafonnée : elle est également destinée au financement de la retraite de base, mais s’applique à l’ensemble du salaire, sans plafond.
  • Retraite complémentaire (Agirc-Arrco) : cette cotisation obligatoire concerne tous les salariés du secteur privé, cadres et non-cadres. Elle remplace les anciens régimes distincts depuis leur fusion.
  • Prévoyance et complémentaire santé : le salarié peut contribuer au financement de la complémentaire santé collective et, le cas échéant, d’un régime de prévoyance (incapacité, invalidité, décès).
  • CSG (Contribution sociale généralisée) : elle se décompose en une part déductible et une part non déductible de l’impôt sur le revenu. Elle constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers de financement de la Sécurité sociale.
  • CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) : la CRDS finance le remboursement de la dette sociale et figure systématiquement sur le bulletin de paie.

Certaines lignes du bulletin de paie peuvent faire apparaître une absence de retenue pour le salarié. Cela signifie que la cotisation concernée est soit entièrement à la charge de l’employeur, soit supprimée pour la part salariale, comme c’est le cas, par exemple, de l’assurance chômage.

Les cotisations patronales (part de l’employeur)

Les cotisations patronales apparaissent sur le bulletin de paie à titre informatif pour le salarié, mais elles sont intégralement à la charge de l’employeur. Elles expliquent l’écart entre le salaire brut et le coût total de l’emploi. Figurent notamment :

  • l’assurance maladie, maternité, invalidité, décès ;
  • la contribution solidarité autonomie, destinée au financement de l’autonomie des personnes âgées et handicapées ;
  • l’assurance vieillesse (plafonnée et déplafonnée) ;
  • les accidents du travail et maladies professionnelles, avec un taux variable selon le secteur d’activité ;
  • la cotisation FNAL, destinée au financement de l’aide au logement ;
  • l’assurance chômage ;
  • le versement mobilité (anciennement versement transport), dû par les entreprises de 11 salariés et plus dans certaines zones ;
  • la cotisation AGS (assurance garantie des salaires), qui protège les salariés en cas de redressement ou de liquidation judiciaire ;
  • la complémentaire santé collective, pour la part patronale obligatoire ;
  • la contribution à la formation professionnelle, variable selon l’effectif de l’entreprise ;
  • la taxe d’apprentissage, affectée au financement des organismes de formation.

En résumé

Les cotisations sociales traduisent concrètement la solidarité nationale et expliquent la différence entre salaire brut, salaire net et coût total pour l’employeur. Leur lecture attentive permet au salarié de comprendre ses droits sociaux sur l’ensemble de cette période d’activité professionnelle.

Salaire net et prélèvements à la source de la fiche de paie

Passage du salaire brut au salaire net

La dernière partie de la fiche de paie concerne le passage du salaire brut au salaire net. Pour déterminer le salaire net avant impôt, il convient de déduire les cotisations salariales du salaire brut. Une fois obtenu, il est nécessaire de déduire le prélèvement à la source pour obtenir le montant que le salarié va réellement percevoir.

Prélèvement à la source

Depuis le 1er janvier 2019, le prélèvement à la sourcede l’impôt s’est généralisé. Ce taux est communiqué à l’employeur, qui a alors le rôle de prélever cette somme du salaire net avant impôt, appelé « salaire net imposable » pour le reverser au Trésor public. La fiche de paie doit faire figurer le taux de prélèvement à la source et le montant appliqué.

Congés payés et informations complémentaires

Outre les éléments de rémunération et de fiscalité, le bulletin de paie doit également mentionner plusieurs informations relatives aux congés payés. Doivent notamment figurer :

  • le nombre de congés acquis ;
  • le nombre de congés en cours d’acquisition ;
  • les congés pris sur l’année de référence (N-1) ;
  • le solde de congés payés restant.

Suivre l’évolution de ses droits

Ces mentions permettent au salarié de suivre l’évolution de ses droits et constituent une preuve utile en cas de litige. Plus largement, cette dernière partie remplit une fonction récapitulative, en donnant une vision des droits sociaux et financiers attachés à l’ensemble de cette période.

Qu’est-ce que le montant net social ?

L’arrêté du 31 janvier 2023 a modifié l’article R.3243-2 du Code du travail en introduisant l’obligation de faire figurer le montant net social sur le bulletin de paie. Cet arrêté est entrée en vigueur le 1er juillet 2023 pour l’ensemble des salariés du secteur privé, puis a été progressivement étendue aux agents publics.

Un nouvel élément du bulletin de salaire

Le montant net social (MNS) est une information normalisée figurant sur le bulletin de paie, destinée à permettre aux salariés d’identifier facilement le revenu à déclarer pour l’accès à certaines prestations sociales. Il correspond à la somme des montants bruts des rémunérations et revenus de remplacement versés par l’employeur, parmi lesquels figurent notamment :

  • les salaires ;
  • les primes ;
  • la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires ;
  • les avantages en nature ;
  • certaines indemnités de rupture ou de fin de contrat ;
  • les revenus de remplacement versés par l’employeur (ex. maintien de salaire).

Selon l'arrêté, à cette somme sont ensuite déduites les cotisations et contributions sociales légalement applicables. Le MNS ne correspond donc ni au salaire brut, ni exactement au salaire net à payer, mais à un montant intermédiaire spécifiquement défini à des fins sociales.

Une aide à la déclaration des ressources auprès de la Caf

L’introduction du montant net social répond à un objectif de simplification administrative. Elle vise à fournir au salarié, directement sur sa fiche de paie, une information fiable et homogène pour le remplissage des déclarations de ressources exigées par les organismes sociaux, notamment pour :

  • le RSA ;
  • la prime d’activité ;
  • certaines aides connexes versées par la Caf.

Le MNS est communiqué au salarié par l’employeur et transmis automatiquement aux organismes sociaux via la déclaration sociale nominative (DSN). Cette transmission vise à réduire les erreurs déclaratives, les écarts entre revenus déclarés et revenus perçus, ainsi que les situations de trop-perçu ou de rappel.

Distinction entre montant net social, net imposable et net à payer

Sur le bulletin de paie, le montant net social doit figurer sur une ligne distincte, située entre le « Total des retenues » et la mention « Net à payer avant impôt sur le revenu », afin d’en garantir la lisibilité. Il est essentiel de ne pas confondre le montant net social avec d’autres notions proches figurant sur le bulletin de paie.

  • Le Net imposable sert de base au calcul du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.
  • Le Net à payer correspond à la somme effectivement versée au salarié après l’ensemble des déductions.
  • Le montant net social, quant à lui, est exclusivement destiné à l’évaluation des droits sociaux et ne doit être utilisé que pour les déclarations auprès des organismes sociaux.

Cette distinction participe à une meilleure lisibilité du bulletin de paie et à une clarification du sens du droit social, en séparant clairement les logiques fiscale, salariale et sociale.

Un formalisme à respecter

Petite précision formelle : la mention « Net à payer avant impôt sur le revenu » et la valeur associée doivent être présentées dans une police de caractères dont le corps est au moins une fois et demie supérieur à celle utilisée pour les autres lignes du bulletin de paie.

Sous quel format est fournie la fiche de paie ?

Le format dématérialisé (fiche de paie numérique)

Depuis le 1er janvier 2017, la remise du bulletin de paie peut se faire sous forme électronique. Ce mode de remise est aujourd’hui le format par défaut. Le bulletin de paie sous forme électronique ou dématérialisée est mis à disposition du salarié sur un espace sécurisé (coffre-fort numérique, portail RH, etc.), garantissant :

  • la confidentialité des données ;
  • l’intégrité du document ;
  • son accessibilité dans le temps.

La dématérialisation présente plusieurs avantages pour le salarié : elle permet une consultation à tout moment, le téléchargement des bulletins et leur archivage sécurisé sur le long terme. Contrairement aux bulletins papier, le risque de perte ou de détérioration est fortement réduit. De plus, l’accès aux bulletins est maintenu même après la cessation de la relation de travail.

La fiche de paie en format papier

En cas d’opposition du salarié au format numérique, l’employeur est tenu de remettre un bulletin de paie papier. Ce document est remis soit en mains propres, soit par envoi postal. Le bulletin papier a la même valeur juridique que le bulletin dématérialisé et doit respecter les mêmes obligations de contenu et de présentation.

Conservation et valeur juridique de la fiche de paie

Quel que soit le format retenu, le bulletin de paie constitue un document juridique probant. L’employeur doit le conserver pendant cinq ans. De même, le salarié a tout intérêt à le conserver sans limitation de durée, car il sert de preuve pour les droits sociaux (retraite, assurance chômage, frais de santé, etc.).

Où trouver ses fiches de paie en ligne ?

La généralisation de la dématérialisation a profondément modifié les modalités d’accès aux bulletins de paie. Selon que l’on relève du secteur privé ou de la fonction publique, les outils et plateformes diffèrent, tout en répondant aux mêmes exigences de sécurité et de conservation.

La fiche de paie électronique pour les salariés du secteur privé

Dans le secteur privé, de plus en plus d’employeurs mettent à disposition des salariés leurs bulletins de paie sous forme électronique. Pour des raisons de confidentialité, ces documents sont conservés dans des coffres-forts numériques sécurisés, accessibles à l’aide d’un mot de passe personnel.

L’ENSAP : l’espace numérique des agents publics

Pour les agents de la fonction publique, l’accès aux fiches de paie s’effectue via l’Espace numérique sécurisé de l’agent public (ENSAP). Cette plateforme officielle permet de consulter et de télécharger les bulletins de paie ou de solde, ainsi que d’autres documents administratifs liés à la carrière et à la retraite.

Les documents disponibles sur l’ENSAP sont archivés pour une durée pouvant aller jusqu’à 50 ans. L’accès à la plateforme nécessite la création préalable d’un compte personnel, via le dispositif FranceConnect, assurant un haut niveau de sécurité et d’authentification.

Télécharger ses bulletins de paie régulièrement

Il est néanmoins recommandé aux salariés et aux agents publics de télécharger et conserver régulièrement leurs bulletins, en complément du stockage en ligne, afin de se prémunir contre tout changement de prestataire ou difficulté d’accès ultérieure. La conservation personnelle reste un réflexe essentiel pour sécuriser l’ensemble de cette période d’activité professionnelle.

Quel montant déclarer aux impôts à partir de la fiche de paie ?

Le revenu net avant impôt

Le montant à déclarer correspond au revenu net avant impôt, également appelé salaire net imposable. Il s’agit du revenu pris en compte pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Ce montant est automatiquement transmis à l’administration fiscale par l’employeur via la déclaration sociale nominative (DSN).

Vérification du montant lors de la déclaration annuelle

Lors de la déclaration annuelle de revenus, le salarié n’a en principe aucune démarche particulière à effectuer, les montants étant préremplis par l’administration fiscale. Il est recommandé de vérifier l’exactitude du revenu net imposable déclaré, en le comparant avec la somme des montants figurant sur l’ensemble des fiches de paie de l’année concernée.

Comment faire une fiche de paie quand on est employeur ?

Établir une fiche de paie est une démarche strictement encadrée par le Code du travail et le droit de la Sécurité sociale.

Réunir les informations nécessaires

Avant toute chose, l’employeur doit disposer de l’ensemble des données relatives au salarié, au contrat de travail et à l’entreprise. Il faut notamment connaître :

  • l’identité de l’employeur (dénomination, adresse, code APE attribué par le Répertoire national des entreprises, convention collective) ;
  • l’identité du salarié (nom, emploi, classification, coefficient) ;
  • le type de contrat (CDI, CDD, temps plein ou partiel) ;
  • la durée du travail, les heures supplémentaires éventuelles ;
  • le montant mensuel de la rémunération brute et les primes éventuelles.

Ces éléments déterminent la structure de la paie et les cotisations applicables.

Calculer le salaire brut du salarié

Le salaire brut constitue la base de la fiche de paie. Il comprend le salaire de base, mais aussi les heures supplémentaires ou complémentaires, les primes et indemnités soumises à cotisations, ainsi que les avantages en nature, le cas échéant. Ce salaire brut sert de base pour le calcul des cotisations sociales, tant salariales que patronales.

Calculer les cotisations sociales

L’employeur doit ensuite appliquer les cotisations sociales obligatoires, selon les règles en vigueur. Les montants doivent être calculés avec précision, en tenant compte des plafonds, déductions et exonérations éventuelles, ainsi que des spécificités liées au statut du salarié, à la convention collective et à la périodicité de paie.

Déterminer les montants clés du bulletin de paie

À partir des calculs précédents, l’employeur fait apparaître successivement :

  • le Net avant impôt (ou salaire net imposable) ;
  • le prélèvement à la source, selon le taux transmis par l’administration fiscale ;
  • le Net à payer, correspondant à la somme effectivement versée au salarié ;
  • le montant net social, obligatoire depuis 2023, utilisé pour les déclarations auprès des organismes sociaux.

Ces montants doivent être présentés de manière claire et lisible, conformément aux exigences réglementaires.

Rédiger le bulletin de paie

Dernière étape : la rédaction formelle de la fiche de paie. Elle doit obligatoirement comporter l’ensemble des mentions légales, notamment :

  • la période et la périodicité de paie ;
  • la durée du travail (nombre d’heures, forfait jour, forfait annuel en heure…) ;
  • les congés payés (acquis, pris, solde) ;
  • le coût total supporté par l’employeur ;
  • les mentions relatives au prélèvement à la source.

Utiliser un générateur ou logiciel de fiche de paie

Dans la pratique, les employeurs utilisent des logiciels de fiche de paie, qui constituent la solution la plus sécurisée. Ces outils permettent d’automatiser les calculs de rémunération, d’appliquer les taux de cotisations à jour, de tenir compte des plafonds et d’intégrer les obligations liées au prélèvement à la source et au montant net social.

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