
Que feriez-vous si vous receviez la liste de tous les salaires versés dans votre entreprise, et que vous vous rendiez compte que vous êtes moins bien payé que vos collègues ? C’est ce qui est arrivé à ce salarié espagnol, qui a décidé de partager l’information. Suite à une erreur du service des ressources humaines, un document sur l’ensemble des salaires a été accessible pendant 45 minutes à une dizaine d’employés, rapporte L’Indépendant. L’un d’eux a eu le temps de le télécharger et de l’étudier. Il s’est alors rendu compte qu’il était moins bien payé que ses collègues, alors il en a parlé à certains par téléphone.
Mais sa direction n’a pas du tout apprécié. Il a été convoqué par le directeur des ressources humaines, qui lui a imposé de supprimer ce document. L’employé a fait ce qu’on lui a demandé, mais il a tout de même été licencié pour faute disciplinaire. L’entreprise lui reproche un manquement à l’obligation de bonne foi et la violation d’une clause de confidentialité signée en 2018. L’homme a donc perdu son emploi, mais ne s’est pas laissé faire. Il s’est tourné vers la justice espagnole pour régler cette affaire.
La justice a tranché
En première instance, la justice espagnole a estimé que le licenciement était disproportionné. Elle a aussi souligné que cette affaire était due à une négligence de l’employeur et que l’employé s’était bien conformé à ses exigences en supprimant le document. La justice a condamné l’employeur à le réintégrer ou à lui verser une indemnité de 36 457,18 euros. Une décision qui a été confirmée en appel à la Cour supérieur de justice de Madrid. Une décision qui va dans le sens de la directive européenne sur la transparence des salaires, adoptée en 2023. Les pays membres avaient jusqu’au 7 juin 2026 pour la transposer dans leur droit national.



















