
L’élection présidentielle n’a lieu que dans un an, mais déjà, les thèmes de campagne sensibles sont sur le devant de la scène. Si le ministre du Travail a confirmé qu’il faudrait reprendre la réforme des retraites, ce jeudi 28 mai, c’est un des futurs candidats qui a défendu l’idée d’un travail plus long. Sur France Inter, Edouard Philippe a réitéré les propos qu’il tient depuis 2021 : «Si nous voulons préserver notre modèle social, compte tenu de notre démographie, nous allons devoir travailler plus longtemps.»
Une vision que partage l’ancien patron du Medef, Pierre Gattaz. Interrogé mercredi 27 mai sur BFM, celui qui vient de sortir le livre Gagnez plus, c’est maintenant, est allé dans le sens de l’ex-Premier ministre. A la question : «Faut-il travailler plus longtemps ?», Pierre Gattaz a répondu : «Si vous voulez gagner plus, oui.» Et si aujourd’hui le sujet cristallise les tensions, c’est «qu’on ne leur explique pas, on ne le leur donne pas de raison d’être.»
Faire que le travail ne soit pas une souffrance
S’il n’est pas candidat à la prochaine élection présidentielle, Pierre Gattaz a expliqué travailler sur un projet «vision 2040» avec du plein emploi, un chômage des jeunes aux alentours de 6% et où la formation professionnelle ne sera pas «une voie de garage comme aujourd’hui». L’ancien patron du Medef a martelé que les Français travaillaient «moins que tout le monde sur une durée de vie, donc il faut (leur) faire comprendre que le travail n’est pas une souffrance».
Pierre Gattaz a également insisté sur la nécessité de «réenchanter le travail», faire que «le travail paie plus» et que «les gens aient plus plaisir à venir, à rester» au travail. Comment faire ? En baissant les charges sociales et patronales «qui financent les retraites». «C’est pour ça qu’il faut travailler sans doute trois ans de plus et rajouter une retraite par capitalisation», a-t-il terminé sur le sujet.
Enfin, l’ex-patron du Medef a dressé un tableau peu glorieux de la France : «Il y a une érosion qui est terrible depuis 40 ans. Le PIB par habitant de la France est en dessous du Mississipi, l’Etat le plus pauvre américain, autour de 40 000 ou 45 000 euros par habitant.» La France est même derrière l’Italie et bientôt la Pologne. Pour sauver le pays, il souhaite une figure qui a travaillé dans le privé : «Quand vous travaillez dans le privé, vous savez ce que c’est que des recettes, des dépenses, de s’endetter et vous avez fait des cauchemars.»



















