
Le débat autour des prix du carburant est toujours aussi brûlant. Alors que les distributeurs français se sont accordés jeudi 12 mars sur un plafonnement des prix, ou en baissant de 10 à 30 centimes le litre, selon le gouvernement, les tarifs à la pompe restent particulièrement élevés, à cause du conflit au Moyen-Orient. De son côté, TotalEnergies a annoncé le plafonnement du prix de l'essence à 1,99 euro le litre et celui du gazole à 2,09 euros. Michel-Edouard Leclerc a lui dégainé une baisse entre «27 et 30 centimes du litre» dans les stations de son réseau.
Les distributeurs peuvent-ils faire plus et une baisse des prix est-elle envisageable ? Alors que le patron du groupement éponyme a obtenu, avec Système U, une baisse de la part des raffineurs, il s’est inscrit en faux sur RTL ce vendredi contre les volontés de certains de baisser les prix : «Ceux qui veulent bloquer les prix à la pompe ou ceux qui veulent bloquer les marges à la pompe, c'est du cinéma», a-t-il lancé, assurant ne pas faire de profit sur le carburant qu’il vend. Selon le patron de grande distribution, la marge de Leclerc est faible, et «inférieure à 1%», plus précisément «de l'ordre de 0,7%».
La faute à la spéculation sur les marchés mondiaux ?
Ce serait d’ailleurs la même marge pour toutes les stations-service : «La marge brute d'une station-service, c'est 0,7%», a-t-il précisé sur RTL, ajoutant en revanche que les taxes représentaient «51 à 53% de marge». Pour lui, la volatilité des prix s’explique également par la spéculation des marchés mondiaux. Michel-Edouard Leclerc a ainsi comparé la situation au marché du cacao ou du lithium. «Vous avez comme intervenants des gens qui en ont besoin, des industriels ou des distributeurs pour faire de l'automobile. Mais vous avez aussi, c'est un placement», a-t-il mis en avant.
Selon le grand patron, son groupe a déjà fait baisser l’essence de l’ordre de 26 centimes, après «une autre (baisse) de 3 centimes précédemment». Et selon lui, alors que les Français allaient dans les pays frontaliers pour s’approvisionner, c’est désormais l’effet inverse. «Aujourd'hui, les Suisses viennent faire leur plein à Annemasse, dans le centre Leclerc de France. Les mouvements se sont inversés», a-t-il déclaré sur RTL. Il a consenti que les baisses n’étaient pas homogènes, car «elles ne se font pas partout en même temps» du fait du remplissage des cuves.
Alors que le gouvernement a procédé à plus de 600 contrôles dans la semaine, Michel-Edouard Leclerc avait affiché son désaccord au micro de Franceinfo : «Je n’étais pas d’accord du tout qu’on vienne nous faire le coup du contrôle du pompiste dans les stations. L’inflation est à l’échelle mondiale», déclarait-il, déplorant qu’il y avait actuellement «deux pays qui contrôlent leurs stations pour cette histoire : la Corée du Sud et la France».
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