Nicolas Bouzou nage à contre-courant. «Je n'arrête pas d'entendre dire que cette crise politique est susceptible de déboucher sur une crise financière. Ce n'est pas du tout mon diagnostic, mon diagnostic c'est très exactement l'inverse» a-t-il expliqué sur le plateau de BFMTV, mercredi 8 octobre. Pour l'essayiste et chroniqueur spécialisé en économie, la crise politique actuelle est la conséquence d'un «problème financier d'une ampleur inédite», pas la cause.

«Augmenter les déficits budgétaires, n'importe quel Parlement sait le faire» poursuit-il non sans ironie. Assainir les finances publiques est, selon lui, un défi face auquel les responsables politiques sont «perdus». «La France est confrontée à quelque chose qui est tout à fait inédit» estime-t-il. L'objectif du gouvernement de faire passer le déficit sous la barre des 3% pour 2029 semble en effet de plus en plus difficile à atteindre. Au premier trimestre 2025, la dette publique s'élevait à 3 345,8 milliards d’Euros, soit 114% du PIB.

«Voir plus loin que le bout de son nez»

Face à cette situation, Nicolas Bouzou dénonce le manque de «courage» de la classe politique. «Si on a des parlementaires qui ne voient pas un peu au-delà du bout de leur nez, au-delà de l'élection suivante, vous ne pouvez pas régler ce genre de problèmes» fustige-t-il. À cet égard, il rejette catégoriquement les scénarios de renouvellement de l'Assemblée nationale ou de changement de chef de l'État, car pour lui, «on peut faire une dissolution, on aura toujours les mêmes problèmes économiques et financiers». In fine, Nicolas Bouzou se désole de ne pas voir «chez les uns, ou chez les autres», «grand-chose de sérieux pour s'attaquer à ce sujet».

Depuis mercredi, l'ancien Premier ministre chargé de réunir les forces politiques pour une ultime négociation, a affirmé que le spectre de la dissolution s'éloigne pour l'instant. De son côté, Élisabeth Borne a remis sur la table des discussions le texte sur la réforme des retraites, un geste demandé par la gauche et notamment par le Parti socialiste depuis le début de la crise politique.