
Le pétrole fait le yoyo depuis quelques jours. Aux premiers jours des frappes en Iran, le baril avait fortement augmenté, sous la menace d’une guerre longue et de la fermeture du détroit d’Ormuz où transite 20% du pétrole mondial. Mais dans la nuit de dimanche 8 à lundi 9 mars, il avait littéralement bondi de 30%, tutoyant les 120 dollars (une première depuis 2022) avant de se stabiliser dans la journée. La faute à des bombardements sur des sites stratégiques et à l’annonce par l’Iran de la nomination de Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei, pour lui succéder.
Mais changement de scénario une nouvelle fois ce mardi. Dans la matinée, le prix du baril chutait lourdement de plus de 10%, rapporte L’Opinion notamment. Plus précisément, vers 3h, le baril de Brent de la mer du Nord (référence du marché mondial) perdait 10,46% à 88,61 dollars, tandis que celui de West Texas Intermediate (WTI), pour le marché américain, dégringolait de 10,09% à 85,21 dollars. Comment l’expliquer ? Tout simplement à cause des propos tenus par Donald Trump assurant lundi soir que la guerre avec l’Iran est «quasiment» finie.
Trump réfléchirait à «prendre le contrôle» du détroit d’Ormuz
Donald Trump, qui discutait avec une journaliste de la chaîne CBS, a rajouté que l’Iran n'avait plus de «marine» ni de «communications» ou de «force aérienne» et que l’Iran serait «beaucoup, beaucoup plus fort» s'il bloquait l'offre de pétrole. Toutefois, dans la foulée, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé qu'ils «décideront de la fin de la guerre». Auprès de l’AFP, Art Hogan, de B. Riley Wealth Management a souligné que les propos du président américain avaient «complètement changé la donne».
Autre point qui a joué en faveur de cette baisse du baril : le fait que Donald Trump «réfléchisse à prendre le contrôle» du détroit d’Ormuz. Il a enfin ajouté qu’il serait prêt à lever certaines sanctions sur le pétrole «afin de réduire les prix». Enfin, selon l’analyste du courtier Pepperstone, «la réunion téléphonique du G7 a suscité un vif intérêt», débouchant ensuite sur sa sortie d’une guerre «quasiment finie». Selon Chris Weston, «cette conjonction a suffi à faire naître l’espoir d’une certaine normalisation de l’offre et de la logistique».
En dehors du pétrole, ces déclarations ont été un signal fort pour les bourses asiatiques qui ont ouvert en forte hausse, que ce soit Séoul (+6,49%), Tokyo (+3,69%) ou encore Taipei (+3%), notamment parce que les économies asiatiques sont très dépendantes des hydrocarbures du Golfe. «Il faut s’attendre à une volatilité importante et persistante au fil de la séance», a toutefois laissé entendre Chris Weston, la situation étant loin d’être réglée, l’incertitude et les risques planant toujours.




















