Pas de répit pour Sébastien Lecornu. Après le marathon du budget, dont l’issue reste suspendue aux deux motions de censure examinées ce lundi 2 février, le Premier ministre s’apprête à affronter un agenda déjà bien chargé. Première mission à venir : un léger remaniement ministériel. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a en effet annoncé son départ prochain du gouvernement afin de se consacrer à sa campagne pour les municipales à Paris.

Une fois cet ajustement effectué, le locataire de Matignon entend avancer sur plusieurs dossiers pour lesquels il estime possible de trouver des compromis au Parlement, malgré l’absence de majorité. Parmi les priorités figure le projet de loi d’urgence agricole. Annoncé mi-janvier dans un contexte de forte mobilisation du monde agricole, le texte doit répondre à plusieurs enjeux clés : la gestion de l’eau, «la prédation et les moyens de production», détaille le Huffington Post. Il sera présenté en Conseil des ministres en mars, juste après le Salon de l’agriculture, puis examiné par le Parlement avant l’été.

Des chantiers sensibles au calendrier serré

Deux autres chantiers ont été directement fixés par Emmanuel Macron. Le premier concerne la défense, avec un renforcement de la loi de programmation militaire de 36 milliards d’euros supplémentaires «d’ici au 14 juillet» 2026. Le second porte sur la lutte contre le narcotrafic. Le président a demandé un plan massif de renforcement des douanes dans les ports et les aéroports, attendu dans le mois.

Le dossier sensible de la fin de vie reviendra également à l’agenda parlementaire. Après un vote au Sénat fin janvier, les deux propositions de loi - sur les soins palliatifs et l’«aide à mourir» - doivent être examinées à l’Assemblée nationale mi-février, pour une adoption espérée «avant l’été». Autre sujet complexe : la Nouvelle-Calédonie. Un accord annexe récent prévoit l’organisation des élections provinciales avant fin 2026, ce qui impose au gouvernement de faire adopter rapidement une réforme constitutionnelle sur le corps électoral. Le texte doit arriver au Sénat le 24 février, avant un parcours parlementaire et une consultation locale prévue à l’été.

Enfin, Sébastien Lecornu souhaite avancer sur deux chantiers avant la présidentielle : le logement, avec un objectif de 2 millions de constructions d’ici à 2030, et la décentralisation. Sur ce dernier sujet, le Premier ministre promet un «grand acte de décentralisation», dont le calendrier reste toutefois incertain face à l’encombrement de l’agenda parlementaire.